La Réunion prête à intervenir auprès des victimes d'une catastrophe

Personne n'est à l'abri d'une catastrophe, qu'elle soit naturelle, industrielle, technologique, et qu'elle soit accidentelle ou terroriste. Pour cela, les territoires doivent se tenir prêts à faire face à une explosion, un tremblement de terre ou à la rupture d'un barrage… Le risque terroriste actuel est également une raison qui incite les pouvoirs publics à se préparer à tout "imprévu".
Un vecteur essentiel dans le dispositif de réactivité de l'État est la zone de défense. Il en existe 12 sur le territoire national, et cinq en outre-mer dont la zone Sud de l'océan Indien qui comprend le département de la Réunion, de Mayotte, les îles Eparses ainsi que les Terres australes et antarctiques.
Le CHR de Saint-Denis, établissement de santé référence pour l'océan Indien
Or par arrêté du 31 décembre 2005, le centre hospitalier Félix-Guyon a été nommé "Établissement de santé référence de la Zone Sud de l'océan Indien". La prise en charge des victimes d'une catastrophe nécessite des moyens logistiques extrêmement importants. Le CHR de la Réunion a donc été doté par le ministère de matériels de secours qui ont été présentés ce début d'après-midi, à l'instar d'une "unité mobile de décontamination hospitalière" et d'un "poste sanitaire mobile de 2ème génération".
Ce dernier a été conçu pour assurer sur le terrain des soins spécialisés relevant de l'aide médicale urgente pouvant traiter jusqu'à 500 victimes pendant 24 heures. Il est composé de produits pharmaceutiques, de matériel médico-chirurgical, de moyens de communication numérique, radio…
Le préfet, Michel Lalande, présent cet après-midi, a souligné l'importance pour les équipes hospitalières mais aussi les policiers, gendarmes et les sapeurs-pompiers qui sont les premiers à intervenir sur des situations d'urgence, de pouvoir être formés afin de ne pas s'exposer à des risques pouvant parfois conduire à la mort.
A titre d'exemple, voici quelques faits historiques qui justifient la mise en place d'une "médecine de catastrophe" :
1970 : Avalanche à Val d'Isère et à Saint-Gervais (120 victimes).
1976 : Seveso, en Italie. Le 10 juillet, l'explosion d'un réacteur chimique produisant des herbicides a causé un rejet de dioxines dans l'atmosphère. Plus de 37.000 personnes en ont subi les conséquences. Cet accident a initié la réglementation en matière de prévention des risques technologiques.
1984 : Bohpal en Inde. Un accident dans une usine de pesticide libère un énorme nuage toxique. Cette catastrophe d'une ampleur majeure a fait plus de 300.000 victimes, brûlées ou intoxiquées. Plus de 15.000 personnes sont mortes par suffocation. Il n'existait pas de secours préhospitaliers, le seul hôpital de la ville a été submergé, de très nombreuses victimes sont mortes faute de soins.
1986 : Techernobyl en Ukraine. La plus grande catastrophe nucléaire à ce jour. L'évaluation du nombre de morts oscille entre 50.000 et 150.000. L'OMS avance le chiffre de 7 millions de personnes affectées.
1992 : Crash d'un avion Airbus sur le mont Saint-Odile (87 victimes).
2001 : Série d'attentats-suicides le 11 septembre aux Etats-Unis provoquant des milliers de blessés, et la mort de 3.000 personnes. Des milliers d'autres, notamment parmi les secouristes, sont atteintes de maladies induites par l'inhalation de poussières toxiques.
2003 : Canicule estivale exceptionnelle (15.000 victimes).
2010 : Explosion d'un camion-citerne au Congo qui met le feu à un village. Une foule était rassemblée pour assister à un match de football, plus de 230 morts et de nombreux blessés.



