La Région tacle le schéma de déploiement des bornes de recharge électrique à La Réunion

La loi d'orientation des mobilités (LOM) prévoit la possibilité de recharger son véhicule électrique partout sur le territoire. Mais pour concrétiser cette possibilité, encore faut-il disposer d'un SDIRVE. C'est le Sidelec (autorité organisatrice de la distribution d'électricité à La Réunion pour les 24 communes, NDLR) qui a été missionné pour élaborer ce schéma directeur qui doit permettre de déployer ces bornes sur tout le territoire jusqu'en 2028.
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La Région devait donner son avis sur le SDIRVE, et celui-ci a été défavorable, comme l'explique le compte rendu de la commission permanente qui s'est tenue vendredi dernier. « Si la Région Réunion salue le travail réalisé par le Sidelec, notamment pour la qualité de l'état des lieux et l'élaboration d'une stratégie territoriale en accord avec les politiques locales de mobilité et d’énergie, elle exprime des réserves importantes sur certains aspects », peut-on lire dans le document.
Insuffisance de la couverture de déploiement
En effet, plusieurs réserves ont été exprimées par la collectivité. En premier lieu, une insuffisance concernant la couverture de déploiement des bornes de recharge rapide. « Un seul point de charge accéléré par zone est jugé insuffisant. Il est nécessaire de créer un corridor de bornes très rapides (20 à 30 bornes) sur la route du littoral et la RN3 pour répondre aux besoins des utilisateurs en cas de déplacements longs et imprévus », indique la Région. Parmi les autres griefs évoqués figurent l'absence de calendrier détaillé, le manque d'informations sur l’entretien et la maintenance des bornes, ainsi que des interrogations sur l'interopérabilité des bornes, notamment sur leur capacité à accepter les paiements par carte bancaire classique.
Pour toutes ces raisons, la Région demande au Sidelec de revoir sa copie. Elle réclame un calendrier précis pour le déploiement des 3.400 points de charge prévus par la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), un accès prioritaire aux bornes rapides, ainsi qu'une description claire des moyens mobilisés pour garantir un taux élevé de disponibilité. La Région demande également au Sidelec de prévoir le déploiement de bornes de recharge dans les territoires les plus éloignés (Cilaos, Salazie, etc.). À la suite de cette commission permanente, la Région appelle à engager une discussion avec l’État, EDF et le Sidelec.
Une décision aussi politique ?
Cependant, faut-il y voir également un aspect plus politique dans la position de la Région sur ce dossier, particulièrement lorsque l'on sait que le chargé de mission en charge du SDIRVE est Daniel Alamélou ? Cette question se pose légitimement, surtout dans le contexte d'un autre dossier : le plan de prévention et de gestion des déchets. Toujours en fin de semaine dernière, la Région avait exprimé « sa surprise » face à la décision du SYDNE, présidé par Daniel Alamélou, de la Cinor et de la Cirest d'engager devant le tribunal administratif un recours en annulation partielle du plan. Pourquoi ? Parce que le SYDNE avait également émis des « réserves » lors des travaux de concertation.
Plan de gestion des déchets : La Région réagit à l’opposition du Sydne, de la Cinor et de la Cirest


