La Possession : Vanessa Miranville reconnaît que ce budget primitif 2025 "ne se réalisera pas" en l'état

Adopté à la majorité, le budget 2025 de La Possession s’élève à plus de 87 millions d’euros. Mais entre catastrophes naturelles, charges sociales en hausse et désengagement de l’État, la maire Vanessa Miranville alerte déjà : ce budget primitif ne sera pas suffisant. L’opposition, elle, dénonce une gestion "au bord de la faillite".
Le conseil municipal de La Possession s’est réuni jeudi 3 avril pour examiner 38 dossiers, dont le très attendu budget primitif 2025. Dans un contexte marqué par les séquelles du cyclone Garance et un désengagement progressif de l’État, la séance a mis en lumière les profondes difficultés financières de la commune.
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Un budget primitif de 87,17 millions d'euros
Adopté à la majorité, le budget primitif 2025 s’élève à 87,17 millions d’euros. Il comprend 59,3 millions d’euros de dépenses de fonctionnement, en hausse par rapport à 2024, notamment en raison de l’augmentation des charges de personnel (+7,5 %). Ce bond s’explique par la hausse des charges patronales (+5 %) et l’évolution structurelle des effectifs (+2,5 %). Malgré ces tensions, la municipalité a fait le choix de ne pas augmenter les impôts locaux cette année. L’épargne nette prévisionnelle, estimée à 1,1 million d’euros, sera transférée à la section d’investissement. Celle-ci s’élèvera à 24,9 millions d’euros.
Parmi les projets phares de l’année figurent le lancement des travaux de la cuisine centrale, le déploiement de caméras de vidéoprotection, la poursuite du plan "Cœur de ville", de la voie directe Nord et des modes doux, la sécurisation des écoles, la rénovation de l’éclairage public et des équipements sportifs, ainsi qu’un soutien d’environ un million d’euros au tissu associatif.
Une sincérité budgétaire questionnée
Si le budget a été voté dans les délais légaux, la maire a reconnu qu’il ne reflétait pas entièrement la réalité à venir. "Ce budget risque très fortement, on en est même sûrs, de ne pas se réaliser", a déclaré Vanessa Miranville en préambule de la présentation de ce rapport. En cause selon l'édile possessionnaise : les conséquences encore mal évaluées du cyclone Garance – dont la remise en état de la commune coûte près d’un million d’euros – et la baisse des financements liés aux contrats PEC.
La maire prévoit donc un budget supplémentaire "très important" dans les mois à venir. Elle a également annoncé vouloir consulter largement la population pour faire des choix budgétaires parfois douloureux : "Je suis incapable de dire aujourd’hui si on doit garder la Fête de la Musique plutôt que le Repas des Seniors... Ce sont les Possessionnais qui doivent nous aider à trancher", a-t-elle ajouté.
Gilles Hubert dénonce une gestion "défaillante"
Pour l’opposition, cette séance a été celle d’un "aveu public de faillite". Gilles Hubert, ancien adjoint et conseiller municipal, dénonce une "gestion défaillante, marquée par le déni, l’opacité et l’improvisation". Il ajoute que la commune fait face à un déficit cumulé de 21 millions d’euros, principalement lié à la ZAC Moulin Joli, dont le contrat de concession arrive à échéance en 2026.
Il pointe également d'autres responsabilités : le passif du cyclone Garance, la fin brutale des PEC, ainsi que plusieurs condamnations judiciaires non provisionnées. Ces éléments, selon lui, auraient été régulièrement signalés par la Chambre régionale des comptes sans réponse adéquate de la majorité.
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Une fin de mandat dans la tourmente
Pour l’opposition, ce conseil municipal marque un "moment de vérité". "Ce mandat, censé être un tournant, restera celui du grand trou budgétaire, creusé par l’orgueil et le mépris des règles", conclut Gilles Hubert, qui a voté contre le budget. "Face à l’effondrement, la majorité a regardé ailleurs."
Du côté de la mairie, on défend un exercice de résilience dans un contexte exceptionnel. Reste à savoir comment les arbitrages à venir, et la consultation promise aux habitants, redessineront les priorités d’une commune sous pression. Une chose est sûre : le budget supplémentaire, attendu dans les prochains mois, s’annonce décisif.


