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La Possession : un dernier conseil sous tension

Ecrit par Maxime Bonnet – le jeudi 19 février 2026 à 14H08
Photo d'a

Le conseil municipal de La Possession s’est réuni mercredi 18 février pour sa dernière séance avant les prochaines échéances électorales. Vingt-quatre affaires figuraient à l’ordre du jour, et si la séance aurait pu se dérouler rapidement, l’opposition en a décidé autrement.

Le dernier conseil a débuté par un point consensuel : un don de 5000 euros à la PIROI pour Madagascar, après le passage du cyclone Gezani. Le reste de la séance a été marqué par des débats plus animés.

Décisions financières et échanges avec l’opposition

Plusieurs délibérations ont donné lieu à des échanges entre la majorité et l’opposition. Philippe Robert, élu d’opposition et candidat aux municipales, a dénoncé un calendrier chargé à quelques semaines du scrutin : « À 25 jours d’une élection, il y a un nombre inhabituel de décisions financières qui posent question », a-t-il déclaré.

Pour la majorité, il n’y a rien d’anormal. « Il s’agit uniquement de quatre créations de postes. Rien d’anormal là-dedans, c’est une mise à jour de l’organigramme », a précisé Vanessa Miranville.

L’admission en non-valeur d’environ 200.000 euros de créances irrécouvrables — principalement des impayés de cantine et de périscolaire — a également été commentée. « À 25 jours de l’élection, on passe l’éponge, c’est Noël avant l’heure. C’est très surprenant de voir la mairie effacer des dettes alors qu’elle a parfois fait régulariser des factures des années après la scolarité des enfants », a poursuivi Philippe Robert.

La maire a rappelé que ces admissions sont une procédure annuelle. « En 2023, ce sont 380.000 euros de créances qui ont été ventilés, plus de 260.000 euros en 2022 et près de 110.000 euros en 2021. Cette affaire aurait dû être votée en décembre, mais elle a été déplacée. C’est une démarche logique, qui n’a rien à voir avec l’élection. En 2014, il y avait un stock de 2 millions d’euros de factures non recouvrables. Aujourd’hui, nous sommes autour de 200.000 euros », a-t-elle expliqué.

1,017 million d’euros pour les associations

Le soutien aux associations a été un autre point central de la séance. Le conseil a approuvé des subventions pour un montant global de 1.017.600 euros pour 2026. Sur 130 dossiers déposés, 111 associations ont été retenues, dans les domaines du sport, de la culture, de la solidarité et de l’environnement.

Philippe Robert a souligné une hausse de 13 % et interrogé la majorité sur la répartition : « Vous dites que cette hausse est normale, car il y a de nouvelles associations. Pourtant, on voit que le montant a augmenté entre 2025 et 2026. Encore une fois, cela interpelle à 25 jours du premier tour ».

Gilles Hubert a rappelé que le montant global n’a pas évolué depuis dix ans : « On a progressé en nombre d’associations, mais pas en accompagnement ».

« On fait ce qui est possible », a répondu Vanessa Miranville, « mais on ne peut pas remplacer les associations. Malgré notre accompagnement, certaines n’arrivent pas à avoir des statuts ou des comptes clairs ». L’adjoint délégué aux associations, Henri Ananelivoua, a ajouté que la mise à disposition de locaux représente un soutien indirect estimé à 1,40 million d’euros.

Lire aussi : Vanessa Miranville officialise sa candidature pour un nouveau mandat à La Possession

Prévention des risques et Fonds Barnier

Dans le cadre de la prévention des risques naturels majeurs, le conseil a validé le recours au Fonds de prévention des risques naturels majeurs (Fonds Barnier). Deux mandats ont été confiés à l’Établissement Public Foncier de La Réunion pour le portage foncier et l’acquisition amiable de parcelles exposées, notamment dans les secteurs de la Rivière des Galets et du chemin des Lataniers. Ces opérations peuvent conduire à la démolition de bâtis situés en zone de danger avéré.

ZAC Cœur de ville : un audit en cours

La ZAC Cœur de ville a également été abordée. Gilles Hubert a interrogé l’exécutif sur l’absence de compte-rendu d'activité de concession (CRAC) depuis 2023 et l’audit demandé au partenaire Semader : « Cette demande d’audit est la preuve d’une rupture de confiance entre la mairie et la Semader. Pourquoi n’avoir toujours pas mis en place de CRAC ? Il n’y a toujours pas de vrai bilan pour ce projet structurant ».

Vanessa Miranville a précisé : « Nous n’avons pas voté de CRAC pour la ZAC car nous attendons les conclusions de l’audit. Le projet est désormais vieux d’une décennie, et de nombreux ajustements ont eu lieu depuis. Cet audit devra répondre à un certain nombre de questions et tranchera les divergences que nous avons avec la Semader, notamment sur les projections ».

Cette dernière séance clôture une mandature marquée par des dossiers structurants et des débats parfois tendus, laissant déjà entrevoir les thèmes qui rythmeront la prochaine campagne municipale à La Possession.

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