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La Possession, entre déni de démocratie et malhonnêtetés intellectuelles

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 15 juillet 2018 à 09H31
Le mercredi 27 juin à 15H30 devait se tenir un conseil municipal de la ville.
 
Comme à l’accoutumée, j’avais préparé un certain nombre de questions et d'interventions au fur et à mesure de l’avancée des débats.  
À 15h35, soit cinq minutes après l’heure de convocation, Madame le maire a déclaré que le quorum était atteint et que la séance du jour pouvait avoir lieu.
 
J’ai alors dû prendre la parole pour faire remarquer que sans la présence de l’opposition le quorum, avec un minimum de vingt élus, ne serait pas atteint.
 
En concertation avec mes collègues de l’opposition, nous avons alors quitté la salle du conseil municipal.
 
La suite des évènements constitue un véritable déni de démocratie, d’ores et déjà contestée auprès des autorités, puisque la seancd s'est tenue malgré notre départ donc sans quorum.
 
Mme Miranville ne parviendra pas, malgre ces manœuvres malhonnêtes, à me faire taire.
C'est la raison pour laquelle je souhaite revenir sur l'utilisation de l'enveloppe du pacte de solidarité ainsi que sur le climat social délétère en mairie qui perdure depuis maintenant quatre années et que j’ai dénoncé à plusieurs reprises sans réels succès pour que les choses changent enfin.

 

Il devient peut-être nécessaire aujourd’hui d’aborder ce sujet autrement et d’envisager beaucoup plus clairement les véritables raisons de l’instabilité administrative et du désarroi de la plupart des agents communaux.

Ce n’est manifestement pas la préoccupation première de Madame Miranville, qui visiblement déjà en campagne pour sa réélection, se lance dans un déchainement médiatique, multipliant les poses de première pierre sur des terrains encore en friches, les inaugurations entourées de trois personnes, deux chiens et un chat qui passait par là, transformant les kermesses de fin d’année en tribune politique, sans parler des lancements, en grande pompe, d’actions pour 2025, toutes plus innovantes les unes que les autres.
 

Jamais à court de bonne idée pour se mettre en scène, elle entame même une carrière de chanteuse de Karaoké sur YouTube, ou encore de blagueuse de comptoir sur la toile: entre ses plaisanteries douteuses et misogynes, et sous couvert d’humour, avec ses publications des meilleurs montages racistes d’extrême droite. Cette attitude indigne d’une élue de la République nous consterne et nous révèle avec quelle désinvolture la maire de La Possession occupe sa fonction.    
 
Ce conseil traitait d'une affaire essentielle à savoir la répartition du pacte de solidarité territoriale octroyé par le conseil départemental où je suis également élu. Mon absence organisée par l'équipe municipale  permettait à la majorité de ne pas avoir à s’expliquer sur l’utilisation de ses fonds qui semblent uniquement destinées au financement des promesses de campagne de la candidate Miranville. 

 

J'en veux pour preuve le financement par le pacte de solidarité de la quasi-totalité des opérations d'investissement programmées durant ce mandat, dont l'exemple le plus flagrant est celui de la démolition de l'école Jean Jaurès.

Pour rappel, Mme Miranville en 2014 avait décrété que cette école était insalubre au point de la fermer et d'ordonner sa démolition. Quatre années ont passé et rien n'a été fait, l'école est toujours en place, à l’abandon. Face à nos nombreuses interventions pour dénoncer l'inertie de la majorité sur ce dossier, Mme Miranville nous avait répondu qu'il était difficile de trouver une entreprise habilitée à faire face au désamiantage de l'école.
 

Aujourd'hui nous avons la preuve que ce n'était qu'un leurre, un prétexte, et disons le franchement un pure mensonge pour cacher le vrai problème de l'absence de financement municipal pour cette démolition. J'ai pris l'exemple de l'école Jean Jaurès mais j'aurais pu également parler de la réhabilitation de la piscine municipale, de la réalisation de la cuisine centrale à Paul Éluard, ou de la réhabilitation de l'école Victor Hugo... Tous ces projets seront financés par le pacte de solidarité pour lequel les conseillers départementaux, dont je fais partie, se sont battus pour en faire bénéficier à leurs concitoyens.

Mme Miranville en fait l'usage qu'elle veut, et si au final cela profite aux Possessionnais je ne peux que m’en réjouir. Magnanime,  je suis même prêt à accepter ses sincères remerciements pour avoir contribué à lui apporter, sur un plateau, les financements qui manquaient à la réalisation de ses nombreuses promesses.  
 

Je pense néanmoins qu'il y aurait eu d'autres mesures sociales beaucoup plus urgentes à prendre pour le mieux-être de la population, mais là n’est pas mon sujet et j’aurai l’occasion d’y revenir.

 

Outre l’absence de contradiction, bien commode pour la majorité, il n’empêche que le maintien coute que coute d’un conseil municipal manifestement irrégulier sonne comme un véritable déni des procédures légales et un manque de respect flagrant des droits de l’opposition au sein du débat démocratique.   
 
Pour ces raisons, j’ai adressé un courrier au représentant de l’état pour qu’il use de ses prérogatives, dans le cadre du contrôle de légalité, et qu’il prononce l’annulation pure et simple des délibérations prises en toute illégalité ce mercredi 27 juin 2018.

À défaut, Je n’exclus pas de saisir le tribunal administratif pour faire valoir nos droits en qualité de conseillers municipaux légalement élus et représentants à ce titre, un certain nombre d’administrés Possessionnais qui nous ont fait confiance.
 

Mais cette absence de quorum de la majorité n’est pas vraiment une surprise puisque déjà le 03 mai un conseil municipal avait été annulé en catastrophe par lettre recommandé trois jours avant. La municipalité n’était déjà pas certaine de pouvoir réunir suffisamment d’élus pour faire passer ses propres affaires.

Certain élus, lassés voir même déçus de la façon dont la ville est gérée, préfère mener la politique de la chaise vide plutôt que de protester ouvertement et risquer les foudres de la première magistrate dont on sait qu’elle ne s’embarrasse pas de scrupule pour éliminer ceux qui la contrarie.   
 

Depuis un certain temps maintenant les tensions sont vives et les derniers évènements ne risquent pas de favoriser un retour à la sérénité au sein de la majorité.  
 
Madame Miranville vient de se séparer de sa sixième DGS en quatre ans, cette dernière a quitté officiellement la collectivité au 01 juillet. Le Directeur des services techniques qui vient d’être démis de ses fonctions est actuellement en maladie, et un Directeur Général Adjoint, est relevé de fonction avec la même brutalité qui fait la réputation aujourd’hui de notre bienveillante maire. Sans compter l’absence de DRH depuis le mois d’avril, poste occupée tant bien que mal en intérim par un agent fort méritant, simple cadre C.  
 
Résultat, l’annonce de la nomination d’une nouvelle DGS en interne, au grand dam d’une administration communale une fois de plus totalement déstabilisée, et surtout d’une bonne partie des élus de la majorité, sonne aujourd’hui comme un coup de tonnerre.
 
Malgré la note d’information de la maire et ses efforts pour faire passer l’affaire en douceur, la pilule a tout de même du mal à passer. Un DGS, digne de ce nom se doit d’avoir une solide connaissance dans le fonctionnement des collectivités, des compétences managériales évidentes et une forte personnalité pour pouvoir résister à la pression d’un poste à haut risque. Or sans vouloir lui faire offense, l’heureuse élue choisie par la maire semble, pour l’instant, bien loin de réunir ses qualités essentielles.

Malgré la tentative de la maire de nous faire croire à un véritable choix la réalité est tout autre. À deux ans des élections, tous les hauts fonctionnaires un peu expérimentés sur ce genre de fonctions n’ont pas du tout envie de risquer leur carrière dans une collectivité ou l’espérance d’être maintenu en poste ne dépasse que rarement les six/Huit mois. La ville a bien tenté de publier une vacance d’emploi au centre de gestion de la fonction publique et dans des revues spécialisées, mais sans aucun succès.
 

Personnellement depuis plusieurs années je n’ai eu de cesse de dénoncer publiquement cet état de fait. Depuis 2014, c’est un véritable drame humain qui se joue à la mairie de la Possession dans l’indifférence générale. Avec un jeu de chaises musicales incessant des responsables de services, un organigramme totalement instable et qui change régulièrement, un nombre record d'arrêts maladie des agents communaux en souffrance et désespérés.
 
Je n’aurai pas assez de temps pour vous énumérer le nombre d’agents et de cadres qui ont été déplacés, remplacés, éliminés sans autres précautions et parfois par des moyens qui n’honorent pas, il se compte par dizaines.
 
L’administration municipale est en chantier permanent depuis quatre ans sans le moindre répit et souffre d’une instabilité chronique. Elle pourrait avoir les meilleurs cadres du monde que cela ne marcherait pas mieux du fait de la manière très particulière de la maire de gérer ses personnels.  
 
Comment expliquer le fait d’en être encore là après quatre ans de mandat ? Qu’aucun cadre n’arrive à travailler durablement au sein de la ville ? Par quel maléfice personne ne trouve-t-il pas grâce aux yeux de la maire au-delà de quelques mois ?
 
Le malaise est tellement présent, qu’il faudra certainement beaucoup de temps et de pédagogie, pour restaurer de la confiance et de la sérénité au sein des services municipaux.
 
Aujourd’hui la ville se trouve dans une situation ubuesque, il est un secret de polichinelle que Madame Miranville est omniprésente dans tous les rouages de l’administration et que c’est elle en personne qui prend in fine toutes les décisions, quand bien même doit-elle se dispenser des règles de droit dont elle s’estime d’ailleurs largement au-dessus.   
 
En réalité, Madame Miranville assure toutes les fonctions de maire, DGS, DGA, DRH, et sur son temps libre, chanteuse, comique, danseuse, et donneuse de leçon d’altruisme et de bienveillance.
 
Je ne suis pas médecin, pour expliquer ce comportement totalement délirant, à moins que Madame Miranville n’ait réussis à percer, sans nous l’avouer, le secret du clonage humain...

Quatre années après le début de son mandat, la question de la désorganisation récurrente et de l’instabilité chronique de l’administration municipale instaurée par Madame Miranville, de façon cyclothymique tous les huit mois, mérite tout de même d’être posée.    

Comme tout un chacun, je ne peux que constater les faits et regretter, qu’a l’instar des fonctionnaires qui doivent fournir un extrait de casier judiciaire et un certificat médical d’aptitude, il n’existe malheureusement pas de garde-fou équivalent pour mesurer les capacités intellectuelles, psychologiques, et morales de nos élus à exercer leurs responsabilités.  

Philippe Robert
 

 

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