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La perpétuité requise contre Abraham Bomela au procès de son périple criminel à La Possession

Ecrit par Gignoux Sébastien – le vendredi 20 février 2026 à 10H24
La cour d'assises de La Réunion.

Au cinquième jour de procès du périple criminel du 28 octobre 2023 à La Possession, l’avocate générale a requis la perpétuité avec une période de sûreté de 25 ans contre Abraham Bomela, un accusé "qui mélange tous les grands interdits de notre société".

C’est un cas très rare dans les annales judiciaires, à hauteur de la gravité des faits reprochés à l’auteur du périple criminel de La Possession. Au cinquième jour du procès d’Abraham Bomela, l’avocate générale Carmélita Dijoux a requis vendredi 20 février l'une des peines maximales prévues par le code pénal : la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 25 ans avec possible placement dans un établissement de sûreté à l'issue.

"Faits reconnus et revendiqués"

Une peine à même de "préserver la société" d’un accusé "qui mélange tous les plus grands interdits : envie de mort, envie de sang, envie d’enfant" a résumé la magistrate en introduction de son réquisitoire pour de multiples faits : trois assassinats, huit tentatives d’assassinat, ainsi que la détention d’image pédopornographique.

"Il a fait preuve d’objectivité et de lucidité tout au long de ce procès en affirmant : j’ai voulu tuer tout le monde", souligne la magistrate. "Des faits reconnus et revendiqués, ce pourquoi il faut lui signifier l’interdit absolu de porter atteinte à ses concitoyens."

Si la culpabilité sur l’ensemble des faits ne fait "aucun doute" au regard des éléments matériels et les aveux du suspect, la préméditation est aussi acquise pour l’accusation. "Il y a eu différents actes mais une volonté unique, un ciblage des victimes attaquées par surprise, en état de faiblesse, de la surprise", affirme l’accusation.

Pas d'altération sur l'ensemble des faits

Aussi, l’essentiel de l’argumentaire a tourné autour de la question de l’altération du discernement de l’accusé au moment des faits, ce que la représentante de la société réfute. "Je ne conteste pas qu’il souffre d’une maladie psychiatrique, une psychose paranoïaque, mais il y a aussi une personnalité anti-sociale et des pensées pro-criminelles qui n’ont rien à voir avec la pathologie", considère l’avocate générale.

"Il peut y avoir eu altération sur le premier, le deuxième fait, mais sur le troisième, le quatrième…le onzième ? Je ne le pense pas", illustre Carmélita Dijoux. "Sa paranoïa est toujours présente aujourd’hui à l’audience, est-il pourtant altéré ?" demande-t-elle aux jurés. "Sa colère, ce jour-là, était froide, déterminée. Il n’était pas en crise sur les derniers faits. Il pouvait faire un, dix ou cent morts, cela n’importait plus pour lui qui, il l’a dit, n’avait plus rien à perdre." Et de mettre en avant sa "préparation chirurgicale" de l'assaut du GIGN, dont il savait "qu'il venait pour lui."

"Une peine de mise à l'abri"

"Retenir l’altération peut permettre à l’accusé de bénéficier d’une atténuation de peine, qui serait réduite à trente ans, mais vous pouvez aussi écarter cette atténuation si les faits sont trop graves", a rappelé la magistrate.

Au terme de sa démonstration, c’est donc bien la perpétuité qui a été requise, "une peine de mise à l'abri." "C'est un cas complexe pour les professionnels de justice que nous sommes. Il fait partie de la société, mais c'est un danger criminologique en termes de récidive tant il est imprévisible : la seule place que j'y vois est une place protectrice qui préserve le contrôle de sa colère, et les intérêts de la société", a justifié l'avocate générale. Une peine assortie d'un suivi socio-judiciaire de quinze ans, avec possibilité d'être placé dans un établissement de sûreté après avis d'un collège d'experts, au terme de la période de sûreté.

C’est au tour de Me Judith Beaumont de prendre la parole pour la défense d’Abraham Bomela.  

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