La Marseillaise, chant de guerre devenu symbole du 14 juillet

Créée en 1792 dans un contexte de guerre et de révolution, « La Marseillaise » n’a pas toujours été l’hymne national. Son adoption officielle, ses interdictions, ses réécritures et même son apparition au cinéma en font une œuvre emblématique, au destin étroitement lié à celui de la République française. Retour sur son histoire mouvementée, à l’heure où elle résonnera une fois encore ce 14 juillet.
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C’est un air que tous les Français connaissent, mais dont peu savent vraiment l’histoire. « La Marseillaise » résonne chaque 14 juillet lors des cérémonies et défilés militaires, comme un écho solennel à la Révolution française. Pourtant, ce chant n’est devenu l’hymne national qu’après bien des rebondissements.
Composée au printemps 1792 par Claude Joseph Rouget de Lisle, officier du génie, cette « Chant de guerre pour l’Armée du Rhin » est d’abord entonné à Strasbourg, en plein conflit contre l’Autriche. Portée par un air martial et des paroles appelant à la résistance, la chanson devient rapidement populaire, notamment grâce aux fédérés venus de Marseille qui la diffusent dans la capitale pendant l’été. C’est ainsi qu’elle prend son nom définitif : « La Marseillaise ».
Le 14 juillet 1795, alors que la République cherche ses symboles, elle est proclamée chant national. Mais ce statut est loin d’être acquis. Napoléon Bonaparte ne l’apprécie guère, les monarchies successives la censurent, et ce n’est qu’en 1879, à la suite de la chute du Second Empire et de l’installation définitive de la Troisième République, qu’elle est à nouveau désignée hymne officiel par la Chambre des députés. Cette décision, hautement politique, fait écho à la date du 14 juillet elle-même, devenue fête nationale en 1880.
Symbole républicain par excellence, « La Marseillaise » n’échappe pourtant pas aux critiques. Jugée violente, datée, trop guerrière, elle fait l’objet de nombreuses tentatives de réécriture. Ainsi naissent au fil des décennies des versions pacifistes, sociales, ou militantes. L’exposition « Musique et République », aux Archives nationales jusqu’au 14 juillet, rappelle par exemple la « Marseillaise fourmisienne » de 1891, écrite après la fusillade de Fourmies, ou encore la « Marseillaise de la Paix » de 1910, qui appelle à des batailles… fraternelles.
Plus étonnant encore : l’hymne français tient une place de choix dans le film Casablanca (1942), où des résistants l’entonnent face aux nazis dans une scène devenue culte. Ce moment de cinéma illustre une fois encore la force subversive de ce chant né dans la tourmente révolutionnaire, et devenu au fil du temps un marqueur puissant de l’identité républicaine.
Ce 14 juillet, comme chaque année, les premiers accords de « La Marseillaise » ouvriront les commémorations. Un rendez-vous symbolique qui rappelle que l’histoire de ce chant est indissociable de celle de la République elle-même.
Source principale :
Historia, « 6 faits surprenants sur l’histoire mouvementée de La Marseillaise »


