La marine Sainte-Rose : "On a vendu ce terrain comme la vend ti cochon dann goni"

Le couple dispose d'un bail commercial signé en 1983 par le beau-père de Frédéric Pinot, M. Louiso, sur un terrain appartenant au domaine public maritime. Ils en veulent pour preuve les loyers réglés au Trésor public et les taxes foncières acquittées. Un premier recours a été déposé par la mairie, déboutée en juillet 2022, et le second datant du 24 mars 2023 donne raison à la collectivité. "Chez Louiso" a 3 mois pour quitter les lieux sous peine de 100 euros amende par jour. Le snack a porté l'affaire devant le Conseil d'Etat.
Frédéric Pinot est prêt à quitter le snack pour s'installer dans le restaurant qu'il a fait construire sur deux parcelles achetées en 2009 sous la mandature de Bruno Mamindy Pajany. Au total, presque 900 m2 de terrain situés en amont du snack vendus par la commune à 15.000 euros, au prix du domaine, assure Frédéric Pinot qui précise que la première vente avait été annulée en 2008 alors que Michel Vergoz siégeait dans l'opposition.
"Seul impacté par le choix du tracé"
Frédéric Pinot obtient finalement un permis de construire en 2013. Michel Vergoz revient au pouvoir en 2015 après l'annulation des élections. De l'arrêté municipal d'abandon de travaux finalement rejeté jusqu'à la Déclaration d'utilité publique (DUP) pour le projet de Boucle du Centre adoptée en octobre 2022, pour le restaurateur, le maire "a tout fait pour nous mettre des bâtons dans les roues. Nous lui avons pourtant donné trois solutions. Il y a 7 parcelles appartenant à la commune autour de la mienne, et il n'y a que mon terrain qui est entièrement impacté par le choix du tracé", pointe Frédéric Pinot. L'homme, amer, a déposé un recours contre la DUP (déclaration d'utilité publique).
Le restaurateur sainte-rosien assure être ouvert à la négociation mais note "des mensonges" dans les arrêtés d'expulsion. Aussi, Frédéric Pinot s'insurge de l'indemnisation au prix du domaine qui lui est proposée : 143.000 euros sur la base d'un terrain non bâti alors qu'un bâtiment (logement + restaurant) de 352m2 y a été construit, ce qu'il estime à minimum 600.000 euros.
Mais Frédéric Pinot ne souhaite pas vendre, assure-t-il, mais négocier sur l'admission du projet de Terrasse de la Marine puisqu'un appel à projets va être lancé par la mairie. "C'est inadmissible de mettre des Sainte-Rosiens à la rue pour prendre des investisseurs ailleurs", s'insurge Frédéric Pinot.
Côté mairie, Michel Vergoz tient à replacer l'affaire dans le contexte d'un aménagement global qui date de la construction du port en 1992 sous une de ses mandatures. "Nous sommes dans un Etat de droit. Nous attendons que le Conseil d'Etat dise la justice", concernant le snack que le maire préfère nommer "paillote", en écho à la situation saint-gilloise.
Le maire, en tant que personne morale, souligne t-il, entend régler la situation "selon les règles". Comme pour l'Anse des Cascades, un appel à projets va être lancé pour un restaurant de la Terrasse de la Marine que le maire veut "populaire, tout public". " Si vous laissez prospérer la spéculation sur des sites qui appartiennent aux Réunionnais alors j'ai des doutes sur votre réunionité", fait valoir Michel Vergoz qui conclut que, "ce n'est pas négociable ".


