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La mairie du Port s’oppose une nouvelle fois au rachat d’Edena

La municipalité du Port fait de la résistance. Depuis que le PDG d'Edena, Yves Summing, essaye de revendre sa société, la mairie, propriétaire de deux sources exploitées par Edena, s'est déjà opposée par deux fois à des repreneurs éventuels. Tout d'abord les Brasseries de Bourbon, trop néerlandaises (la société appartient au groupe Heineken), puis la Cilam, trop monopolistique (le groupe possède déjà la marque Australine) et dernièrement Marbour. Alors que tout semblait prêt pour qu'Edena tombe dans le giron du groupe déjà très présent à la Réunion et notamment au Port, la municipalité portoise s'est une nouvelle fois opposée à ce rachat. En cause, la gestion "purement financière" du groupe, comme le démontre la revente de ses parts dans la société Quartier Français à un groupe international et la crainte qu'elle agisse de la même manière avec Edena. La municipalité annonce sa postion dans un communiqué :

Ecrit par – le mercredi 02 février 2011 à 10H45

« La nouvelle donne qui régit les relations économiques internationales dictées par la mondialisation épargne peu de pays. Nous en percevons les effets avec notamment les mouvements de capitaux qui ne connaissent pas les frontières et l’impact négatif de ces pratiques sur les populations qui se retrouvent de plus en plus exposées et fragilisées.

A La Réunion, le projet de vente de la société Edena au groupe familial Marbour s’inscrit dans ce contexte. Ainsi, la société Edena, un des fleurons de l’industrie réunionnaise, ne risque-t-elle pas de se retrouver sous la coupe de capitaux extérieurs, perspective plausible si l’on se réfère au sort qu’a connu la Société Sucrière de Quartier Français (SSQF) ? Effectivement, dans le cas de la SSQF, Marbour a cédé les parts qu’elle détenait à Téréos, groupe international de l’industrie agro-alimentaire, ce qui a permis à ce groupe de prendre le contrôle de l’industrie sucrière à La Réunion. Un changement économique majeur qui s’est opéré en toute discrétion. Voilà un exemple de plus des effets pervers de la mondialisation car il apparaît désormais évident que cette opération ne s’explique que par des enjeux financiers et a pour conséquence directe d’avoir dessaisi les Réunionnais de l’industrie locale du sucre au profit d’une société concurrente.

Cette perte de contrôle sur l’industrie sucrière est un coup porté au patrimoine économique et industriel de notre île. C’est pourquoi la reprise éventuelle de la société Edena par le groupe Marbour suscite nos plus vives inquiétudes et ne peut recueillir notre adhésion car cette opération ne nous semble pas apporter toutes les garanties nécessaires à la pérennité de l’exploitation de la société Edena.

La commune du Port propriétaire des sources Blanche et Denise et fournisseur exclusif de la matière première à Edena, tient à rappeler que la base de cette déclaration repose sur la constante préoccupation pour le maintien et le développement de l’activité économique réunionnaise ainsi que sur la détermination à œuvrer pour la sauvegarde des emplois dans le contexte difficile que connaît notre société confrontée à un système économique tributaire de la mondialisation et peu soucieux de progrès social.

Le 1er février 2011

La municipalité du Port »

 

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