La lave s'est figée aux portes de la RN2, des centaines de curieux attendent toujours la traversée

Entre Sainte-Rose et Saint-Philippe, la coulée du Piton de la Fournaise s'est figée à 100 mètres de la Route nationale 2. Face à la menace d’une traversée imminente, les autorités ont néanmoins fermé l’axe dans le secteur du Grand Brûlé. Sur place, habitants, touristes et passionnés du volcan viennent observer un spectacle rare. Reportage.
Le volcan va-t-il couper la route ? En fin d’après-midi, jeudi 12 mars, la lumière décline doucement sur les Grandes Pentes. Le vent transporte une odeur légère de soufre et les regards sont tous tournés vers la montagne. Là-haut, quelque part dans la pente noire du champ de lave, la coulée du volcan poursuit sa lente descente vers la route.
Au bord de la Route nationale 2, dans le secteur du Grand Brûlé, les voitures s’arrêtent les unes après les autres. Les visiteurs descendent, téléphones à la main, scrutant la moindre lueur rouge dans la roche sombre.
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La traversée de la route par la lave semble désormais imminente.

Face à ce risque, la circulation a été coupée dans l’après-midi. Les barrages ont été installés entre le PK 78 sur la commune de Sainte-Rose et le secteur de Citron Galets à Saint-Philippe.
Entre ces deux points, la RN2 est désormais fermée.
Une aire de retournement a été aménagée afin de permettre aux automobilistes de faire demi-tour avant la zone interdite. Le stationnement reste autorisé uniquement le long de la route côté montagne.
À Bois Blanc, juste avant l’entrée de l’enclos, tout stationnement est en revanche strictement interdit.
Malgré ces restrictions, la foule commence déjà à affluer.
Solan observe la pente volcanique. Le jeune vacancier n’avait pas prévu d’assister à ce spectacle. "Je suis arrivé le 9 mars, raconte-t-il en souriant. Je ne savais même pas qu’il y avait une éruption. Le lendemain, on m’a envoyé plein de vidéos en me disant qu’il fallait aller voir les pitons et les coulées."

Première fois
Curieux, il tente d’abord de monter au volcan dans la matinée. "Ce matin je suis monté au volcan pour voir, mais on ne voyait rien. Après j’ai vu sur Facebook que la route allait fermer à 15 heures alors je me suis dépêché de venir."
Devant lui, la pente sombre du champ de lave reste silencieuse. "C’est impressionnant. C’est la première fois que je vois ça. Franchement c’est un beau spectacle", confie-t-il.
Mais il ne restera pas jusqu’à la nuit. "Je ne vais pas attendre qu’elle traverse la route. Peut-être que je repasserai un autre jour."
Un peu plus loin, casque à la main, Fredo vient tout juste d’arriver en moto. "On nous dit que la coulée va traverser la route mais ça a l’air encore loin", observe-t-il.
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L’homme connaît bien le volcan. "J’étais déjà là en 2007 quand la lave a coupé la route, se souvient-il. Je pense que ça va traverser. Il ne reste plus beaucoup de temps. Peut-être une heure ou deux."
Même après plusieurs éruptions, le spectacle reste intact. "Le volcan, c’est toujours impressionnant. C’est quelque chose d’exceptionnel. On ne sait jamais où la lave va passer. C’est magique."
Pour les habitants du secteur, ces scènes font presque partie du quotidien.
Impressionnant
Jean-Louis est arrivé vers 16 h 30. Il habite à Sainte-Rose, non loin de là. "J’ai déjà vu quatre ou cinq éruptions, explique-t-il en regardant la montagne. Et c’est toujours impressionnant. Ça on ne voit pas ça souvent dans une vie."
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La fermeture de la route ne semble pas le déranger. "Non, ça ne m’embête pas. Je fais le tour."
Ce qui l’inquiète davantage, c’est l’affluence attendue dans les prochaines heures. "Pour l’instant c’est bien organisé, reconnaît-il. Mais ce soir avec le week-end, il va y avoir du monde."
Autour de lui, les voitures continuent d’arriver lentement. Certains cherchent une place, un point d’observation. D’autres espèrent assister à un moment rare.

La lave, toujours sous surveillance, s'est figée à 100 m de la route
Mais le message des autorités :
La préfecture, en début de soirée : "La coulée de lave s’est figée à environ 150m de la RN2. Sa progression est toujours sous surveillance. Rien n’indique qu'elle puisse atteindre la route nationale dans les prochaines minutes ou heures."
Dans le silence du Grand Brûlé, tous attendent la même chose. Voir la lave atteindre la route, bien qu'elle soit restée figée à une centaine de mètres dans un bras devenu immobile.


