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La grande reporter Mémona Hintermann s’interroge sur une contagion calédonienne

Dans une chronique publiée dans la Dépêche, la Réunionnaise s'interroge sur une possible contagion de la situation en Nouvelle-Calédonie sur les autres territoires ultramarins. L'ancienne membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel dresse un tableau alarmant de la situation des Outre-mer, en taclant au passage le président de la République et les élus locaux.

Ecrit par G.D. – le lundi 27 mai 2024 à 11H43
Photo d'archives

Figure de proue des journalistes réunionnais, Mémona Hintermann s’est exprimée sur la situation de la Nouvelle-Calédonie dans une chronique publiée dans la Dépêche. La grande reporter s’est demandée si la situation sur le Caillou pouvait se répandre sur les autres territoires ultramarins. Une possibilité qu’il ne faut pas écarter selon elle.

Parmi les premiers responsables de la situation, la Tamponnaise place Emmanuel Macron sur le banc des accusés. Selon elle, le président de la République, durant son voyage express en Nouvelle-Calédonie, s’est illustré en assurant que « personne ne pouvait prévoir une telle ampleur ». Une annonce qui démontre que le chef de l’État n’a pas tenu son engagement de 2018 où il assurait qu’il voulait mieux comprendre les schémas complexes de « cet archipel français ».

Car ce que Mémona Hintermann regrette le plus, c’est que les autres îles « partagent toutes certains ingrédients explosifs qui ravagent l’archipel du Pacifique », mais le président de la République n’en a pas conscience. Avec la situation calédonienne, son inquiétude principale est « surtout le retour d’une ennemie redoutable : la peur viscérale de l’Autre. Les démons de la haine ethnique et sociale ont repris possession du Caillou ».

La Réunion peut-elle être concernée ?

Bien évidemment, la reporter se demande « qui peut assurer que ces îles ne sont pas des poudrières ? » Même si son île natale est « réputée comme la plus malléable, la plus ‘fleur bleue’ dans son attachement français », elle a parfaitement conscience que La Réunion « cache bien son jeu. Une aimable carte postale des tropiques qui vante la réussite de son « vivr’ensemb’ « ? ».

Si elle admet que « les sirènes communistes d’autrefois quand feu Paul Vergès se battait pour une indépendance dans l’ombre de Moscou ont changé de chanson », elle assure que « politiquement, le refrain n’a pas tellement changé sur le fond. La gauche est largement majoritaire dans les forces politiques locales et Marine Le Pen est arrivée devant Emmanuel Macron en 2022. »

Parmi les critères explosifs que partage La Réunion avec la Nouvelle-Calédonie, le chômage des jeunes, environ 40 %, et le fait que les postes à responsabilité reviennent à des « métropolitains » est un grand facteur de crispation.

Elle rappelle que « comme aux Antilles, des ferments de dissidence travaillent la société et des tentations d’autonomie nourrissent des ambitions. » Elle pointe également du doigt « les responsables politiques – droite et gauche confondues – (qui) n’ont pas tous démontré une capacité à la hauteur des enjeux. » Elle met également une responsabilité envers les décideurs économiques et les acteurs « des mondes culturels et sociaux toujours marqués par l’esclavage. »

Enfin, Mémona Hintermann met en garde que « céder à la violence devant les portes fermées serait cependant la pire hypothèse. Si le miroir calédonien pouvait servir à ne pas sombrer… »

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