La directrice de la Réserve Marine rappelle: "95% de la réserve est ouverte à la pêche"

Peu communicative depuis le début des événements de la crise requin, la Réserve marine ne pouvait rester muette face aux dernières mesures édictées par le préfet. Un dernier "tabou" vient d'être levé : toucher à la Réserve. Quelques évidences méritaient d'être réaffirmées.
Répétée à tout bout de champ, l'image de garde-manger pour requins colle à la peau de la Réserve marine. Sollicitée, Soraya Issop-Mamode, la directrice du groupement d'intérêt public Réserve Nationale marine de la Réunion, signale, comme une évidence pour elle mais sans doute pas pour le grand public, que "seulement 5% de notre territoire est soumis au degré le plus élevé de préservation" fort justement appelé "de protection intégrale"". En somme, ces cinq zones rouges (voir la carte plus bas) sont effectivement ce que l'on peut appeler des sanctuaires.
"95% de la réserve est donc ouverte à la pêche", informe la directrice. Cette pêche est autorisée sous certaines conditions dans la règlementation actuelle de la réserve, par exemple pour la pêche traditionnelle dans les lagons sur des jours déterminés (du mercredi au samedi), les pêcheurs traditionnels devant chaque année renouveler leur carte d'autorisation pour pêcher. Carte qu'ils doivent présenter en cas de contrôle. Le long des côtes rocheuses et plages de sable noir n'ayant pas de récif en face, cette pêche est autorisée sans carte et toute l'année.
À titre informatif, 49 pêcheurs professionnels détiennent également cette année leur licence de pêche spécifique, précieux sésame.
Une manière de se démarquer des pratiques de braconnage mais aussi de suivre la préhension humaine sur le récif. Ainsi, 800 pêcheurs traditionnels sont quant à eux autorisés à pêcher à la gaulette, mais aussi dans le lagon les zourites, le capucin et les autres espèces.
Outre la pêche de loisirs et la pêche plaisancière, la réserve permet aussi des pratiques: de plongée sur 48 dispositifs d'ancrage répartis sur son territoire, et de surf sur 40 spots. Enfin, réaffirme Soraya Issop-Mamode, "la pêche sous-marine au fusil harpon peut se pratiquer dans les zones de périmètre général, soit environ 50 % du territoire, en dehors des passes de l’Ermitage, de Trois Bassins et de Colimaçons".
Pas sûr, cependant, que cet éclaircissement suffise à faire dévier la nouvelle dynamique enclenchée par la Préfecture, toujours contrainte d'agir après la décision du tribunal administratif.



