"La" cloche de Pâques

Il n’y a pas toujours besoin d’attendre qu’elles reviennent de Rome, les cloches pascales. J’en ai une, en-dessous de chez moi. Des fois que ce crétin alpestre se reconnaîtrait, c’est à Bois-d’Olive, en face du stade du lycée. Il est au premier étage.
Depuis 8 heures ce matin, cet abruti congénital assaisonne toute la rangée d’immeuble avec ce qu’il appelle "sa musique". Je m’inscris en faux : ce gars-là n’écoute pas de la musique, il fait du bruit. Il n’aime pas la musique, il adore le tapage. Comment peut-on aimer la musique et la massacrer à ce point ? Vous savez, ce bruit qui fait boum-boum-boum-boum à flux continu. Les murs de l’immeuble sont plus minces que la pensée politique d’Alain Armand ou la sincérité de Nassimah ; ça traverse les cloisons, les planchers résonnent et vibrent. Dire qu’un taré pareil a le droit de voter !
Comme nombre de nos compatriotes (chez eux, mais ce sont les mêmes qui croient qu’on les admire en voiture), il a acheté une sono. Il y a en effet dans l’île un commerçant qui vend ce que l’on peut appeler "des amplis au kilo", juste destinés à épater les voisins. Avec profusion de ziououou-ziououou-ziououou, tak-à-tak-à-tak, pèt-pèt-pèt et autres incongruités sonores qu’il prend sans doute pour des effets. Le seul effet, c’est dans son estomac qu’il l’a mis !
J’ai plusieurs fois averti les flics de La Ravine. Autant pisser dans un violon. Est-ce que l’un d’entre vous ne disposerait pas d’un appareil à ultra-sons ou autre émetteur à très basses fréquences qui me permettrait de faire péter son instrument de torture à distance ?
Joyeuses Pâques quand même à tous mes amis.


