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La CGTR Ouest se déchire autour des factures de son ex-secrétaire général

La CGTR Ouest fait le ménage dans ses rangs. Son secrétaire général Patrick Miniopoo a été lâché par ses camarades en raison de fautes graves. Factures non appropriées, abus de confiance, les membres de la CGTR Ouest ont accumulé les preuves contre leur ex-secrétaire général et ses voyages bat’carré sur le dos des syndiqués. C’est […]

Ecrit par LG-JD – le jeudi 05 février 2015 à 06H00

La CGTR Ouest fait le ménage dans ses rangs. Son secrétaire général Patrick Miniopoo a été lâché par ses camarades en raison de fautes graves.

Factures non appropriées, abus de confiance, les membres de la CGTR Ouest ont accumulé les preuves contre leur ex-secrétaire général et ses voyages bat’carré sur le dos des syndiqués. C’est en tout cas la version du bureau du syndicat.

Le 17 décembre 2014, les membres de la commission exécutive ont entériné, au siège de la CGTR du Port, l’exclusion de Patrick Miniopoo, son secrétaire général depuis avril 2013.

Les éléments décelés dans la comptabilité de l’Union régionale des syndicats de l’Ouest (URSO) ont alerté les membres du bureau. « Nous avons recensé un certain nombre d’anomalies », arrête le procès-verbal que nous avons pu nous procurer.

Le listing des factures du désormais ex-secrétaire général de l’URSO CGTR donne la mesure de l’étonnement de ses camarades.

« En mai 2014, l’ex-SG s’est octroyé un voyage en métropole sur le compte de l’URSO avec l’agence Thomas Cook, montant 1.600 euros, à l’insu total des membres de la commission exécutive », est-il rapporté dans une note d’information destinée aux membres de la commission exécutive et de la trésorerie.

Le nom de la 2e adjointe du Port est mentionné

En septembre, c’est un autre voyage contracté avec l’agence Air Austral, cette fois pour 1.486 €, qui pose des questions. Il a « trompé les membres de la CE sur l’intitulé du stage », incrimine l’Union Régionale. Ajoutez à cela des dépenses annexes (SNCF, location de voiture,…), le total du séjour dépasse les 2.000 euros.

Encore plus curieux dans le cadre de l’exercice d’un mandat syndical, l’ex-secrétaire a aligné les chèques pour des achats à Weldom, Jumbo Score, la Foire Fouille et S’Center. Des achats « étranges » qui ne collent pas avec ses fonctions. Le secrétaire général s’offre enfin quelques plaisirs (Ipad, mini-ordinateur) dont un achat d’ordinateur à 650 €.

Patrick Miniopoo n’est pas le seul à s’attirer les foudres de ses collègues. « Une dame de la commission exécutive, notoirement engagée dans la dernière campagne des élections municipales, écrivent-ils, a bénéficié illégalement d’indemnités kilométriques entre janvier et avril 2014 ».

Dalila Mahé, qui a donc accédé entre-temps aux responsabilités communales en devenant l’adjointe aux finances et à la vie associative de la mairie du Port, a intégré l’Union régionale en 2006. Elle faisait partie de cette nouvelle garde syndicale.

Mis au banc des accusés par ces documents internes, les deux se défendent de toute dépense superflue hors de leur mission syndicale.

« Pas un voyage aux Seychelles ! »

Le poste budgétaire le plus conséquent, celui des voyages, est vite expliqué par Patrick Miniopoo. Il insiste sur le fait que les deux déplacements effectués au cours de l’année 2014 figuraient au titre de ses missions à la CGT. Laquelle CGT prenait part aux frais de remboursement. Pour le deuxième voyage, celui d’octobre, il s’agissait d’une formation délivrée à Courcelles (où se trouve le centre de formation syndicale) à Paris et que la commission exécutive avait validée selon lui. D’où son étonnement. « On m’accuse sur ces voyages effectués comme si j’étais allé aux Seychelles ! », s’étonne l’intéressé, amer à la suite des accusations d’abus.

Les achats au rayon informatique ne sont pas contestés. « Deux ordinateurs portables et une tablette », confirme-t-il. L’un des deux portables est revenu à un défenseur de l’URSO. Le deuxième portable et la tablette sont revenus au secrétaire général. L’ancien ordinateur est resté dans les locaux de l’organisation syndicale. « A ma démission, j’ai tout remis », évoque-t-il encore pour sa défense.

Pour ce qui est des achats enregistrés dans des magasins, Patrick Miniopoo rappelle que ses factures étaient toutes réceptionnées et signées de la main du trésorier. « Toute dépense correspond à une facture. Ce sont les statuts du syndicat qui prévoient ça. Alors je ne comprends pas bien pourquoi on essaye de me trouver 1.000 choses là-dessus ».

Le PLR est-il visé indirectement ?

Egalement incriminée pour avoir bénéficié de frais kilométriques entre janvier et avril 2014, Dalila Mahé rappelle qu’elle a démissionné – conformément à son souhait exprimé durant la campagne électorale – et de ne se consacrer qu’à son poste électif si toutefois elle venait à être élue. Destin qui s’est confirmé.

 


« J’étais très investie pour l’URSO qui était en état d’abandon », se souvient celle qui a gravi chaque échelon, de délégué de personnel aux Prud’hommes, puis membre de la commission exécutive de la CGTR Ouest. « Ça arrive qu’on se fasse rembourser des frais kilométriques, surtout qu’il ne s’agit que de bénévolat », explique-t-elle, « et je ne suis pas la seule à en avoir bénéficié. D’autres défenseurs en ont bénéficié ».

A l’entendre, « certains membres de la CGTR n’ont jamais accepté son rapprochement avec PLR. « Je ne vais pas vous faire un dessin. On a tous connu la proximité de la CGTR avec la mairie du Port », évoque-t-elle. Pour comprendre les différentes implications de ses membres, rappelons que la CGTR Ouest comptait ou compte encore dans ses rangs de nombreuses personnalités syndicales et/ou politiques telles que Danio Ricquebourg, Jacques Rocheland, ex-conseillers municipaux sous mandature Langenier, ou encore Robert Hoareau, frère du secrétaire général de la CGTR.

« Je sais que la CGTR reprochait à M. Miniopoo de ne s’être pas investi pour l’ancienne équipe lors de la campagne », ajoute l’adjointe du maire du Port. Connaissant cette « proximité entre le syndicat et la mairie, dit-elle, moi je n’ai pas eu envie de faire comme eux ». Le syndicalisme et la politique doivent être dissociés selon elle.

Encore plus offensifs, Patrick Miniopoo et Mahé Dalila se retournent contre ces anciens camarades qui portent l’estocade. « En tant que secrétaire général de l’URSO, j’ai vu des choses que je n’ai pas cautionnées. Je n’en dirai pas plus », exprime-t-il en guise de dissuasion.

Pour la 2e adjointe du Port, si les éléments contenus dans ce procès-verbal sont aussi accusateurs que le camp d’en face le dit, « ils devraient porter plainte« . Elle ne comprend toujours pas comment ses anciens collègues ont pu en arriver « à traiter une personne (P. Miniopoo) comme ça ? » Jamais selon elle ce dernier n’a été mis dans la possibilité de se défendre de ces accusations d’abus de biens sociaux. « Je trouve ça très maladroit de leur part mais je n’accuse personne car je ne sais pas d’où ces documents sortent… ».

 

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