L'infirmière "machine à cash" jugée pour avoir illégalement empoché un million d'euros

Suite à un signalement effectué auprès du parquet de Saint-Denis, une enquête préliminaire a été confiée aux gendarmes de la section de recherches qui n'ont pas chômé. En six mois, les pratiques illégales de la mise en cause, Théotisse B., une professionnelle dionysienne, ont été mises en lumière. Car il est en effet quasiment impossible de gagner plus de 250.000 euros par an lorsque l'on exerce ce métier. Pourtant, les revenus de l'infirmière ont, à minima, dépassé le million d'euros.
Si, selon nos informations, celle-ci a tenté de se justifier en invoquant un divorce conflictuel l'ayant amenée à ne rien déclarer pendant trois années avant de tout déclarer d'un coup, cette explication semble ne pas tenir la route car ce ne sont pas les professionnels qui déclarent leurs actes. Ces derniers s'additionnent au fur et à mesure via la carte vitale des patients qui ont eu recours aux services de la profession.
La réalité serait toute autre. Des actes fictifs auraient été facturés mais surtout plusieurs remplaçantes auraient travaillé pour la praticienne. Il faut à ce stade préciser que les professions libérales ont la possibilité d'embaucher quelqu'un d'autre pour prendre en charge leur clientèle pendant leur absence. Mais il n'est pas légal de se faire remplacer par plusieurs personnes à la fois.
Falsifications de prescriptions, fausses cotations
C'est ainsi que la mise en cause aurait procédé pendant de longues années même si, pour des raisons techniques, l'enquête ne s'est intéressée qu'aux trois années précédant les faits présumés alors que ceux-ci auraient vraisemblablement duré le double. De fausses cotations, de la surfacturation et de la falsification de prescriptions devraient également lui être reprochées.
Une source proche du dossier évoque "une machine à cash", résultat d'une fraude intentionnelle organisée et caractérisée par une série de preuves au sujet desquelles la quinquagénaire née au Tampon en 1961 doit s'expliquer ce vendredi matin devant le tribunal correctionnel de St-Denis. La CGSS, le Conseil interdépartemental de l'ordre des infirmiers et la Caisse d'assurance et invalidité maladie des cultes espèrent être reconnus victimes à l'issue du procès.


