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Kélonia : Des naissances mais des taux d’éclosion décevants

La semaine dernière, deux petites tortues ont émergé d'un nid, montrant que les incubations étaient arrivées à terme. Une bonne nouvelle à relativiser, les taux d’éclosion et d’émergence étant moins bons qu'espérés.

Ecrit par 411092 – le lundi 21 novembre 2022 à 16H19

Depuis plusieurs mois, l’équipe de Kelonia était mobilisée pour suivre des épisodes de ponte dans les bassins. Cela a débuté en mai 2022 lorsque des traces sont apparues sur la plage artificielle de Kelonia quelques semaines après que des parades nuptiales aient été observées dans le bassin de reproduction.

C’est la jeune femelle Minus (elle pèse quand même 143 kg) qui a été observée sur la plage. Elle y est montée et a remué le sable à de nombreuses reprises jusqu’en août. Elle a pondu 6 nids qui ont été surveillés chaque jour.

La semaine dernière, deux petites tortues ont émergé du dernier nid, montrant que les incubations étaient arrivées à terme. Quatre autres nouveau-nés ont été retrouvés dans les nids. Ils ont aussitôt été pesés et mesurés et photo-identifiés. Leur poids de 17 à 18gr pour une longueur de carapace de 4,3 à 4,5 cm sont dans la limite basse pour des jeunes tortues vertes.

Faible taux d’éclosion

« Le taux d’éclosion très faible pose également question », indique Kélonia, qui se demande si cela est lié au jeune âge des reproducteurs (9-10 ans quand la maturité sexuelle dans la nature est entre 15 et 30 ans) ou à la qualité du sable de la plage artificielle de Kelonia. « Des analyses faites dans les premiers nids montrent la présence d’un champignon, décrit dans la littérature comme à l’origine de la mort prématurée des embryons ».

Les œufs du dernier nid d’où sont sortis 5 des nouveau-nés avaient été récupérés au moment de la ponte et mis en incubation dans du sable provenant de la plage devant Kelonia où plusieurs nids ont été pondus depuis 2004 avec des taux d’éclosion et d’émergence de plus de 60%.
 
« La joie d’avoir des naissances est bien sur tempérée car nous espérions des taux d’éclosion et d’émergence bien supérieurs. Des mesures ont d’ores et déjà été engagées pour débarrasser le sable de la plage artificielle de Kelonia du champignon qui peut être la cause des taux de survie très bas de embryons », précise le centre de soins. 

Nage frénétique
 

« Dès qu’ils émergent du sable, les nouveau-nés de tortues marines se ruent vers la mer. Puis, durant plusieurs jours, ils vont nager frénétiquement dans le sens contraire des vagues pour s’éloigner le plus possible du littoral et des nombreux prédateurs qui peuplent le récif. Tous les poissons carnivores suffisamment gros pour gober une jeune tortue sont des prédateurs potentiels. Même des zourites ont été observés capturant des bébés tortues au bord de la plage », ajoute Kélonia.

Cette nage frénétique s’observent aussi chez les jeunes tortues en soins. Durant plusieurs jours les nouveau-nés ne cessent de nager et ne se nourrissent pas. Les jeunes tortues ne commencent à se nourrir qu’après plusieurs jours.

« C’est également lorsqu’ils émergent du sable que les nouveau-nés vont prendre leur première vraie respiration en gonflant leurs poumons par la première fois. Au cours de ces premières respirations, ils vont mémoriser les odeurs de l’air qu’ils respirent. Et c’est ces odeurs que les tortues qui atteindront la maturité sexuelle rechercheront pour retrouver leur plage de naissance pour s’y reproduire à leur tour. Ce sera entre 15 et 30 ans plus tard. »

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