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Katy Hoarau : « C’est la gravité du moment qui m’a poussée à m’engager »

Ecrit par J.D – le dimanche 8 juin 2025 à 06H00

Ancienne présidente de l’Ordre des experts-comptables (CROEC), Katy Hoarau s’est lancée dans la course à la présidence du Medef Réunion par nécessité, face à une situation économique qu’elle juge alarmante. Elle prône un Medef force de propositions, ancré dans les réalités locales et plus indépendant.

“C’est en mars, quand Didier Fauchard annonce son soutien à Yannick Berezaie, que je décide de me présenter.” Katy Hoarau ne l’avait pas prévu, mais pour elle, les signaux d’alerte sont trop nombreux pour rester spectatrice. “La situation économique et sociale est extrêmement fragile. Je regarde les chiffres du CROEC, on en est à six trimestres consécutifs de baisse d’activité. L’ICA (climat des affaires) de l’Iedom n’est pas bon non plus. Les défaillances augmentent. Dans ce contexte, elle estime que le Medef doit sortir de son rôle d’observateur. “Le secteur public ne pourra pas compenser indéfiniment. Le privé doit pouvoir reprendre la main sur l’emploi.”

Sur la Lodeom, elle est catégorique : “C’est hors de question de la supprimer. Ce serait mortifère.” Elle pointe le différentiel de 5.000 euros sur un brut annuel de 28.000 euros dans les entreprises de moins de 11 salariés. “Si on creuse encore les lignes, on aggrave la crise. Quand on regarde le bénéfice des petites entreprises, elles ne tiennent pas. C’est soit la défaillance, soit le licenciement.” Pour elle, le dispositif est perfectible, mais reste vital. Elle propose d’en repenser l’usage “par tranches” pour favoriser la montée en gamme.

Un programme en trois axes

Son programme repose sur trois axes : jouer groupé, faire des propositions concrètes, et bâtir une économie plus robuste. Elle plaide pour un Medef qui alimente les différents travaux en cours, pour une meilleure territorialisation des dispositifs, et pour une analyse filière par filière de la résilience des entreprises : “En cas d’aléa, combien de temps je tiens ? Quel plan d’action je mets en place ?” Elle appelle aussi à recréer du lien entre les petites et les grandes entreprises, et à relancer les groupes de travail internes.

Katy Hoarau dit vouloir maintenir les commissions, mais avec des moyens : “Il faut leur donner un budget, une feuille de route.” Elle souhaite également que le Medef intervienne dans les débats sur les projets de loi, le CIOM, ou encore la réforme des aides économiques : “Je ne vois rien sortir. On devrait être une vraie force de propositions.”

Dans sa campagne, elle ne cache pas les tensions. “L’équipe sortante voit que la campagne démarre fort. Elle lâche Yannick et revient auprès de Laurent. Je ne comprends plus rien.” Elle interroge l’indépendance de Laurent Blériot : “Il est à la tête d’une SEM, Cyclea, qui vit de fonds publics. On va mettre quelqu’un à la tête du Medef avec de l’argent public ?”

Elle dit aussi subir certains procès d’intention. “On ne dit jamais d’un homme qu’il est manipulable. Moi, j’ai des soutiens qui ne viennent pas tous des grosses entreprises. On ne peut pas m’enfermer là-dedans.” Et de souligner : “Je n’ai pas dit que je me présentais pour sauver La Réunion. Si la situation allait mieux, je ne me présenterais pas. C’est la gravité du moment qui m’a poussée à m’engager.”

Etiquettes : Medef

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