Jugé pour viol à Mayotte, un ancien juge d'instruction crie au complot

Jugé pour viol à Mayotte, l’ancien juge Hakim Karki évoque une machination destinée à l'éloigner des affaires de l'île, où il instruisait au moment des faits un dossier jugé sensible concernant le groupe Lafarge, géant français du ciment, rapporte Le Figaro.
Récusant les accusations portées contre lui, il évoque également un "acte consenti" avec la plaignante. Le mardi 6 décembre, le magistrat a comparu aux assises de Paris.
Les faits remontent à la nuit du 1er au 2 juillet 2014. Lors d'une soirée au Caribou, restaurant renommé de Mamoudzou, le juge d'instruction se trouve en compagnie de deux jeunes femmes qu'il connaît de loin, relate le Figaro.fr. Il s'agit d'une enseignante et professeure de danse, S., accompagnée d'une amie qui quittera la soirée plus tôt. Il est convenu avec l'enseignante qu'elle sera raccompagnée par le magistrat après le dîner.
Le magistrat a soutenu lors de l'enquête qu'aussitôt dans la voiture, la jeune femme lui "a sauté dessus" pour une relation sexuelle. Il a, dans la foulée, affirmé que même si ce n'est pas son "trip", il s'est laissé faire, précise le média.
D'un autre côté, l'enseignante a assuré qu'elle a été forcée durant le trajet à une fellation par une "technique" violente de maintien de la mâchoire et avoir ensuite suivi le magistrat chez lui alors qu'elle était en état de choc. Sur place, elle aurait été de nouveau violée. "J'étais sidérée", a-t-elle dit, avant de raconter qu'elle avait fini par demander à son agresseur présumé de la ramener chez elle
Redoutant les conséquences d'une plainte, ce n'est que le surlendemain que la jeune femme s'est rendue au commissariat. "Ce n'est pas un citoyen lambda, je n'ai pas envie d'être broyée ", a-t-elle déclaré lors de sa première audition.
Depuis l'éclatement de cette affaire, le juge Hakim Karki, suspendu de ses fonctions, a été brièvement incarcéré et placé sous contrôle judiciaire.
Le verdict du procès est attendu le 16 décembre.


