Journée de solidarité : la première c’était NON, la deuxième c’est toujours NON !

Emmanuel Macron envisage d’imposer aux salariés une deuxième journée de solidarité et pour cela il ira dit-il "chercher l’argent pour le faire". Nous savons déjà dans quelles poches il compte se servir.
Suite à la canicule meurtrière de 2003, une journée dite de "solidarité" a été imposée en France. Elle avait été à l’époque très bien accueillie par le Medef, ce qui se comprend d’autant mieux que le patronat en ressort gagnant.
En effet, prenons l’exemple d’un salarié de TPE au SMIC (9.88 bruts de l’heure) :
- Pour un mois de travail, l’employeur verse 1498.50 euros bruts , auxquels s’ajoutent ses cotisations sociales soit 13 % après la réduction Fillon sur les bas salaires. Si le salarié travaille 7 heures supplémentaires majorées à 25 %, le montant est augmenté de 86.45 euros bruts et atteint près de 100 euros avec les cotisations sociales.
- Si par contre ces 7 heures supplémentaires sont effectuées au titre de la journée de solidarité, l’employeur ne verse ni salaire, ni majoration, ni cotisation à l’exception de la Contribution Solidarité Autonomie de 0.3 % annuels, soit 54 euros au lieu de 100.
- Le "coût" de la journée de travail pour l’employeur est donc quasiment divisé par 2 ! Ainsi donc les salariés offrent deux fois le fruit de leur travail : par les gains de productivité d’abord mais aussi par la généreuse économie qu’ils permettent au patronat de réaliser. Le reste du temps, toute l’année donc, ils versent des cotisations salariales qui contribuent déjà à la solidarité nationale. Ils savent donc parfaitement bien ce que veut dire « solidarité » au sens du gouvernement : c’est travailler gratuitement pour la prospérité du Medef. Avec le projet d’une deuxième journée ils contribueront en plus à compenser la suppression de l’ISF, Impôt de Solidarité sur la Fortune dont sont dorénavant dispensés les plus riches français.
Ainsi la fin de la solidarité des plus riches -et les quelques 3 milliards annuels qu’elle apportait- sera remplacée par la solidarité des plus modestes.
Resterait maintenant à trouver où placer cette seconde journée : à Noël, période des cadeaux ? Le 14 juillet ? La nuit, tout ce temps passé à ne rien faire ?
La FSU Réunion recommande vivement à Emmanuel Macron de ne pas utiliser de mot dont il ne maîtrise pas le sens. La solidarité consiste à demander à ceux qui peuvent le plus d’aider ceux qui peuvent le moins et non le contraire !
Pour défendre la vraie solidarité, celle qui passe notamment par des services publics pouvant répondre aux besoins de la population, la FSU appelle, avec toute l’intersyndicale, à faire grève massivement mardi 22 mai et à manifester au Petit-Marché jusqu’à la Préfecture à partir de 9h.


