Jean-Claude Lacouture a voulu "faire plaisir" à sa directrice de cabinet

Une autre affaire concernant la mairie de l’Etang-Salé intéressait ce jeudi le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. La directrice de cabinet du maire, Marie-Claude Lapierre, comparaissait pour "recel de bien provenant de prise illégale d’intérêts d'un élu public dans une affaire qu'il administre ou qu'il surveille".
Grâce à ses relations avec l’édile, Jean-Claude Lacouture,[ Marie-Claude Lapierre a bénéficié de la vente d’un bien immobilier dans la Cité Lagune, à l'Etang-Salé-Les-Bains. ]url:https://www.zinfos974.com/La-directrice-de-cabinet-du-maire-de-l-Etang-Sale-bientot-en-correctionnelle_a136396.html
Un bien attribué en location/vente à Yves Hoarau en 1989 qui, après son décès en 2007, devait revenir à ses filles. C’était en tout cas la volonté des soeurs Hoarau. Mais c’était sans compter les projets de Jean-Claude Lacouture.
Alors que les héritières lui demandent à plusieurs reprises comment régler la succession, le maire fait voter le 31 mai 2011 une délibération accordant le terrain de 453 m2 à Marie-Claude Lapierre qui est alors sa secrétaire (elle ne deviendra sa directrice de cabinet qu’en 2014). Une manoeuvre rendue possible par les 48 mois d’impayés de loyers, soit environ 2 600 euros, que les soeurs Hoarau ont tenté de régulariser, en vain.
"Un dossier empreint de sexisme"
Marie-Claude Lapierre, liée au moins professionnellement et intimement au maire, même si elle le nie à cette époque, devient la propriétaire pour 66.000 euros + 10% du terrain et de la maison. Son objectif premier, y construire 4 logements mais la banque ne la suit pas. La secrétaire réalise alors sur la parcelle une villa pour 245.000 euros.
A la question de la présidente du tribunal Corinne Peinaud, elle répond qu’elle ne s’est jamais rendue compte que l’achat posait problème en dépit des questions et plainte des héritières Hoarau, des réticences des conseillers municipaux, ni de la polémique naissante après la révélation de l’affaire dans la presse.
Marie-Claude Lapierre apparaît ainsi "naïve, ingénue" à la barre, relève le procureur ce jeudi, tard dans la nuit. Et pour cause, Marie-Claude Lapierre n'est pas l’auteure de la prise illégale d’intérêt. Si Jean-Claude Lacouture, qui a voulu "faire plaisir à sa secrétaire", note le parquet, n’est pas resté assis sur le banc des prévenus, c’est que les faits sont prescrits. Pour ces faits de recel, il requiert la confiscation du bien, une amende de 100.000 euros dont 50.000 avec sursis et une inéligibilité de deux ans.
Pour la défense, le bâtonnier Georges-André Hoarau et Me Normane Omarjee ont plaidé "un dossier empreint de sexisme" ou encore "l’impression que l’on veut faire payer à Mme Lapierre l’absence de Jean-Claude Lacouture".
Le délibéré est attendu pour le 2 mai.


