Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

J-H Ratenon et les Jeux des Iles : Une belle fête ne doit pas cacher une grave complicité institutionnelle

Jean-Hugues Ratenon nous a fait parvenir une Tribune libre sur les prochains Jeux des Iles. Nous la publions ci-dessous.
Ecrit par zinfos974 – le dimanche 19 juillet 2015 à 22H26

Du 1er au 9 août 2015 auront lieu les Jeux des Iles de l‘Océan Indien et y participeront l’île Maurice, Les Seychelles, Madagascar, La Réunion, Mayotte, Les Comores ainsi que Les  Maldives. Une grande fête de partage, de convivialité qui mérite tout notre soutien et encouragement.
 
Mais  contrairement à la dernière édition, un événement a marqué la vie des habitants d’une des Iles à savoir les Maldives. En effet, le gouvernement des Maldives a adopté un nouveau règlement le dimanche 27 avril  2014 qui prévoit la peine de mort pour les personnes de moins de 18 ans. L'âge de la responsabilité pénale aux Maldives est de 10 ans, mais pour certaines  infractions telles que le vol ou la consommation d'alcool, elle est abaissée à 7 ans et à cet âge l'enfant condamné  rejoint le couloir de la  mort.  Ce rétablissement de la peine de mort pour les enfants a suscité l'indignation dans le monde.
 
Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a fait part fin avril 2014 de sa "profonde inquiétude".
 
La Fédération internationale des Droits de l'homme (FIDH) a estimé de son côté que la possibilité de condamner à mort un enfant de 7 ans "constitue une atteinte énorme aux droits de l'homme fondamentaux".  N’est ce pas là, la stricte application de l’adage : "Œil pour œil, dent pour dent"?
 
Pourtant, selon le droit international, "les personnes inculpées et condamnées pour des infractions commises avant l'âge de 18 ans, ne peuvent ni être condamnées à mort, ni à la prison à vie sans possibilité de libération", a rappelé la porte-parole en 2014. Les traités internationaux des droits de l'homme, et en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention relative aux droits de l'enfant, que les Maldives ont ratifié, imposent une interdiction absolue de la peine de mort pour des personnes âgées de moins de 18 ans au moment où le crime a été commis.
 
Une chose est sûre, l’atteinte aux droits de l’homme et de l’enfant est existant dans ce Pays et c’est pour cette raison que nous intervenons pour briser le silence à  l’approche des jeux des îles car il est hors de question pour nous Réunionnais de paraître comme ignorants  voire complices la souffrance d’autrui. Rappelons aussi que d’après certains témoignages, les Maldives sont un pays où l'on fouette les femmes qui ont eu des relations sexuelles hors mariage, même en cas de viol.
 
 
Nos questionnements :

  • Que pense l’Etat partenaire des jeux,  de la participation des Iles Maldives ?
  • Pourquoi ce silence et aucune interrogation sur le sujet de la part des collectivités de La Réunion partenaires et financeurs de l’opération ?
  • Maldives destination touristique des îles Vanilles n’est-elle pas un aveu de complicité passive ?

 
Doit-on traiter un sujet extrêmement grave avec autant de légèreté ? Quelle est la valeur humaine et morale de nos institutions ?
 
L’argent et le business doivent-ils primer sur l’humain ?
   
Une déclaration de Johnny Hallyday : "C’est une honte, jamais je n'irai là-bas tant que la peine de mort existera pour les enfants".
 
Il est à notre sens urgent de la part de l’Etat et des politiques Réunionnais d’apporter des réponses à la population réunionnaise financeur de ces jeux des îles.
 
Au nom de la solidarité entre les peuples, recevons  les sportifs Maldiviens avec tous les honneurs mais il est hors de question de recevoir les dirigeants de ce pays sans qu’ils soient interpellés publiquement sur l’atteinte aux droits de l’homme et de l’enfant sur leur territoire.

Sinon, quel exemple donnerions-nous à notre jeunesse en difficulté qui a besoin de repères crédibles ?
 
Jean Hugues RATENON

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :