"Investir ici, c’est investir chez vous" : une délégation de chefs d’entreprises indiens reçue par la Cirest

Une délégation de chefs d’entreprises indiens a été accueillie ce jeudi par la Cirest, à l’initiative de l’organisation GOPIO International. Objectif affiché : faire découvrir le territoire Est de La Réunion et ses opportunités d’investissement, notamment dans les secteurs du tourisme ou de l’énergie. Une première visite appelée à se renouveler avec la réouverture d'une liaison aérienne directe avec Chennai.
En ouverture, le président de la Cirest et maire de Saint-André, Joé Bédier, a donné le ton en insistant sur la dimension historique et culturelle des échanges : “En franchissant le seuil de cette Maison de l’Est, vous ne rencontrez pas des officiels mais des frères. Nous célébrons aujourd’hui une fraternité qui a survécu à l’océan, au temps et à l’exil, pour se retrouver enfin ici, plus vivante que jamais.”
Il a également évoqué l’ouverture récente de la liaison aérienne entre Chennai et La Réunion : “L’ouverture de cette liaison directe est bien plus qu’une opportunité logistique, c’est la réouverture d’une veine spirituelle, le retour du lien sacré entre la Terre-Mère et ce petit morceau d’Inde qu’est notre région Est.”

Une délégation ciblée, des secteurs identifiés
Après une première venue plus large en 2024, cette nouvelle délégation se veut plus ciblée, avec des profils d’entrepreneurs spécialisés dans des domaines précis, comme la gestion de l’eau ou les technologies liées à la récupération des eaux de pluie.
Pour Eric Camatchy, directeur de la stratégie touristique et de l’attractivité du territoire à la Cirest, cette journée vise avant tout à rendre concrètes les opportunités locales : “On va leur présenter les projets économiques et touristiques que porte le territoire Est, puis organiser des visites de terrain à Saint-André, notamment à la Maison Valliamé ou au parc du Colosse. L’idée, c’est de leur montrer les possibilités d’investissement.”
Des rencontres avec des acteurs économiques locaux, comme les groupes industriels et énergétiques, dont Albioma, sont également au programme. “Ils sont comme toute entreprise : ils cherchent des opportunités. À nous de leur montrer ce que le territoire peut offrir”, ajoute-t-il.

"Ils connaissent très peu La Réunion"
À l’origine de cette venue, Richard Souprayenmestry Rangapamodely, président du GOPIO Réunion, souligne un enjeu de visibilité :
“Ils sont venus à l’invitation de GOPIO International, en lien avec les chambres de commerce du sud de l’Inde. L’objectif est qu’ils découvrent le territoire et ses opportunités économiques.”
Il rappelle que La Réunion reste encore peu identifiée dans les circuits économiques indiens : “La présence indienne dans l’océan Indien est souvent associée à Maurice. Aujourd’hui, on travaille à changer cela, à donner plus de visibilité à La Réunion et à créer des connexions durables.”
Même constat du côté de Rajaram Mohan Munuswamy, président du GOPIO France, qui accompagne la délégation : “Les Indiens connaissent très peu La Réunion, contrairement aux Réunionnais qui connaissent bien l’Inde. L’ouverture de cette ligne directe est une très bonne chose, mais il faut maintenant communiquer davantage.”

Projet "Little India" à la Maison Valliamé
Pour Joé Bédier, cette rencontre dépasse le seul cadre économique : “Ce n’est pas uniquement une question d’investissement. Il y a aussi la culture, les relations universitaires, les échanges entre étudiants. L’Inde n’est plus un pays émergent, c’est une puissance économique, et nous devons construire une relation équilibrée, gagnant-gagnant.”
Le président de la Cirest a ainsi présenté plusieurs projets structurants, dont la création d’un Institut régional d’enseignement et de civilisation indienne (IRECI), englobé dans un projet plus général baptisé “Little India”, conçu comme un espace mêlant commerce, artisanat et tourisme, notamment autour du site de la Maison Valliamé.
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“Nous voulons faire de Saint-André le phare de la civilisation indienne dans l’hémisphère sud. Nous voulons que nos enfants réapprennent votre langue, votre philosophie et votre science.”
Data center et hub logistique au Colosse
Labellisé “Territoire d’industrie”, l’Est réunionnais entend également attirer des investissements structurants, notamment sur le site de Bois-Rouge.
“Sur nos 16 hectares disponibles, nous voulons bâtir le futur : data center, hub logistique… avec la rigueur technologique de l’Inde moderne mais avec le cœur et la loyauté de l’Est réunionnais”, a indiqué Joé Bédier.
Si aucune annonce d’investissement immédiat n’a été formulée à l’issue de cette première rencontre, l’ensemble des acteurs insiste sur une étape de découverte et de mise en relation. Une dynamique qui pourrait s’inscrire dans la durée, portée par la nouvelle liaison aérienne et le renforcement des échanges institutionnels.
“Investir ici, c’est investir chez vous”, a conclu Joé Bédier, résumant l’ambition portée par le territoire Est.


