Insertion des jeunes : 70 % de sorties positives pour le dispositif CIPI du Département

Une nouvelle antenne du CIPI (Coordination pour l’initiative et la promotion de l’insertion des jeunes) a été inaugurée ce mercredi à Saint-Benoît. Déjà présent dans l’Ouest, le dispositif, porté par le Département, affiche un taux de sortie positive de 70 %, pour des jeunes sortis des circuits classiques.
“Un repère pour les jeunes qui veulent avancer mais qui, parfois, ne savent pas par où commencer”, résume le Département. Pas une structure de “plus”, mais qui se veut complémentaire des autres dispositifs d’insertion.
“Nous sommes aux côtés des Missions locales que nous soutenons pour leur fonctionnement, mais la problématique de l’insertion des jeunes est tellement vaste et importante que nous essayons d'expérimenter la différenciation pour des publics qui n’ont pas trouvé de solutions dans les institutions et qui sont à la recherche d’une autre forme d’accompagnement”, présente Sophie Arzal, conseillère départementale et ancienne directrice de la Mission locale de l’Est.
Un accueil personnalisé pour bâtir un projet
Dans les locaux de la nouvelle antenne Est, situés à Saint-Benoît, en face du théâtre des Bambous, les jeunes (15 à 29 ans) ont d'abord droit à un accueil personnalisé, pour définir leurs besoins et leurs attentes dans le but de construire un projet d’insertion, en lien avec tous les acteurs de l’action sociale (État, Missions locales, France Travail, CCAS, associations).
Le dispositif vise à mobiliser tous les leviers disponibles (emploi, formation, accompagnement social, sport, culture) pour bâtir “avec eux et non à leur place” des parcours durables “en commençant par redonner aux jeunes confiance en eux et dans leurs compétences”.
Des jeunes souvent en rupture
Plus concrètement, le dispositif propose un accompagnement à la fois individualisé et collectif via des activités pratiques et des ateliers de “remobilisation” autour du savoir-être et du lien social.
Le dispositif est d’abord tourné vers des jeunes en rupture : “Il est destiné en priorité à des jeunes qui ne croient plus dans les institutions, qui n’ont jamais fait le pas vers un organisme d’accompagnement, qui restent chez eux, qui n’ont pas envie. Nous allons d’abord vers eux par l'entremise d’acteurs implantés dans les quartiers”, intervient Jacky Somarandy, responsable de la CIPI Ouest, basé à Savanna.
Pour rappel, la microrégion Est affiché le taux de pauvreté le plus élevé de l’île, fixé à 43%.
L’accompagnement débute “par une écoute avec leur histoire de vie, les freins qu’ils peuvent avoir, souvent d'ordre social. Souvent ce sont des jeunes qui ne mangent pas à leur faim ou n’ont pas de quoi s'habiller convenablement. Ce sont aussi des conflits avec les parents, des jeunes qui ne veulent plus retourner à l’école ou en formation après un vécu difficile”.
Une aide souple et adaptée
L’accompagnement se veut personnalisé et “à la carte”. Il se veut aussi plus souple et moins formel que dans les institutions liées à l’emploi.
Le soutien peut aussi être financier, pour passer le permis de conduire “ou tout simplement pour pouvoir s’habiller”. Le jeune signe un contrat d’engagement d’un an renouvelable (pas de rémunération) et s’engage à être régulier dans l’accompagnement et à réaliser les démarches entreprises.
C’est par exemple un atelier de gravure “pour apprendre à se concentrer avant d’aller vers un emploi”. Des jeunes doués pour le dessin ont été orientés vers les beaux-arts ou vers l’ILOI.

Une méthode qui porte ses fruits
Et ça marche. Le CIPI de l’Ouest affiche un taux de sortie positive de 70 % (emploi, formation…) pour 150 jeunes suivis par an, par 8 agents.
Interrogée, Natidjia, 18 ans, veut être pompier ou gendarme mais se présente elle-même comme “peu sociable”. “Cela fait trois semaines que je fais des activités ici qui m’apportent beaucoup. Avec des gens que je ne connais pas, ça crée des liens”, nous confie la jeune femme.
“Tous les panels de métiers sont possibles”
“Il y a des jeunes qui veulent travailler, construire leur vie, mais se retrouvent confrontés à des problèmes de qualification, d’éloignement, et ont besoin d’un accompagnement global”, analyse à son tour le président du Département, Cyrille Melchior.
Il rappelle aux jeunes que “tous les panels de métiers sont possibles : l’agriculture cherche une main-d’œuvre qualifiée, les services à la personne ont besoin de personnel, même chose pour les métiers des services. Nous sommes prêts à vous former s’il manque un peu de qualification. Si les bases sont là, vous devez les acquérir. Le perfectionnement se fera dans les entreprises. Venez acquérir ces bases”, encourage l’élu au moment de signer 15 contrats d’accompagnement.
“Le but, c’est que dans 15 mois, tous les 15 vous ayez réussi, parce que vous en êtes capables”, lance-t-il aux jeunes.
Le rendez-vous est pris.
Une troisième antenne du CIPI doit ouvrir dans les prochains mois dans le Sud.



