Infiltrations, ascenseurs en panne et incivilités : le quotidien "difficile" des résidents des "Portes du Lagon" à Saint-Pierre

Des infiltrations à répétition, des ascenseurs défaillants, des parties communes dégradées et des tensions croissantes entre voisins. Aux résidences “Les Portes du Lagon” 1 et 2, à Saint-Pierre, plusieurs habitants dénoncent un quotidien devenu difficile malgré des immeubles construits il y a à peine cinq ans.
Des appartements situés à moins de cinq minutes de la plage et du marché forain, dans des immeubles livrés il y a à peine cinq ans. Une annonce qui pourrait faire rêver, mais c’est plutôt un cauchemar que vivent les locataires des résidences “Les Portes du Lagon” 1 et 2, à Saint-Pierre. Les témoignages décrivant les malfaçons pleuvent : des nacots impossibles à ouvrir ou à fermer, des infiltrations, des gouttières mal placées, des écoulements d’eaux usées dans les parties communes mais aussi dans le parking souterrain.
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“Je suis l’un des premiers locataires, arrivé il y a cinq ans, et je n’ai jamais pu ouvrir les nacots de ma salle de bain”, livre un résident de 96 ans. Une autre résidente se serait retrouvée pas moins de six fois coincée dans l’ascenseur, dont une fois durant six heures.
Le groupe d’immeubles, qui comprend 46 logements seniors et 56 logements familiaux, est géré par Adomia et la SIDR pour la résidence dédiée aux personnes âgées, dont certaines sont en situation de handicap. Interpellés par les locataires à de nombreuses reprises, ni le bailleur social ni son agence commerciale n’auraient donné suite.
Des tensions croissantes entre habitants
Aux défauts de construction constatés s’ajoutent également des dégradations et des incivilités de certains locataires.“Les enfants jouent et cassent tout. La dernière fois, ils étaient en train de casser la porte. Ils jouent dans l’ascenseur”, dénonce une résidente excédée. “J’ai tenté de parler avec les parents, mais ils sont venus me menacer”, confie-t-elle.
La situation entre les résidents se tend de plus en plus. Un courrier au procureur a été envoyé.
Une situation sanitaire préoccupante
La situation sociale d’un locataire âgé de 81 ans pèse également sur la situation sanitaire de la résidence. L’homme, placé sous curatelle, amasse des déchets de toutes sortes autour de son logement, attirant les nuisibles. Un incendie s'y est déclaré et a failli se propager à l'appartement du dessus.
Les locataires demandent désormais que des travaux soient effectués et qu’un concierge soit installé dans la résidence.
La SIDR assure suivre la situation et annonce des interventions
Interrogée, la SIDR affirme prendre “pleinement en considération les difficultés exprimées par certains locataires”, qu’il s’agisse “de désordres techniques”, “de problématiques d’incivilités et de dégradations” ou encore “d’une situation individuelle complexe”.
La SIDR, qui précise gérer la résidence au sein d’un ensemble en copropriété avec une résidence privée, assure que plusieurs interventions sont actuellement “en cours ou programmées”, notamment le “remplacement des équipements dégradés” comme les extincteurs, les portes coupe-feu ou encore la porte vitrée d’entrée. Le bailleur évoque également “l’intervention d’une entreprise sur la fuite du système collectif d’eau chaude solaire en sous-sol”, ainsi que des “travaux complémentaires à prévoir sur les pompes de relevage”.
Concernant les infiltrations, la SIDR précise que des “déclarations d'assurance et expertises” sont en cours. Une “étude” serait aussi menée pour le “remplacement des jalousies défectueuses”.
Le bailleur souligne toutefois que“certaines dégradations constatées relèvent d’actes de vandalisme répétés, qui nécessitent des réparations régulières”. Pour y remédier, des mesures comme des rappels réguliers au civisme auprès des locataires, allant jusqu’à la sollicitation des forces de l’ordre, seraient engagées. Pour assurer la sécurité et le cadre de vie, le bailleur indique également la "mobilisation du personnel de proximité, avec la présence quotidienne d’une gardienne sur ces résidences pour le traitement des demandes".
Quant à la situation sociale et sanitaire de l’octogénaire, elle “mobilise les services sociaux, la Ville de Saint-Pierre, les forces de l’ordre, les autorités compétentes et l’organisme de curatelle, afin de trouver une solution adaptée”, précise la SIDR.


