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« Ils ont shooté dans sa tête comme si c’était un ballon de foot » : Entre 5 et 7 ans de prison

Le 24 décembre 2022 à Saint-Pierre, une violente agression entrainait un grave traumatisme pour la victime. Les deux suspects ayant déjà des antécédents judiciaires malgré leur jeune âge ont été condamné à 4 ans de prison ferme en première instance et souhaitait voir leur peine diminuer en appel.

Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 23 mai 2024 à 08H58
Photo d'illustration (DR)

Le 24 décembre 2022, à la sortie d’un établissement de nuit du centre-ville de Saint-Pierre, un déchaînement de violences entre plusieurs individus, dont certains alcoolisés et sous stupéfiants, s’est produit vers 3h du matin pour un mauvais regard lancé deux ans auparavant. Quatre hommes ont été soupçonnés d’avoir odieusement tabassé un cinquième, retrouvé entre la vie et la mort, alors que les autres avaient pris la fuite. Heureusement, la victime de cette sordide agression a pu s’en sortir. Elle garde cependant à ce jour d’importantes séquelles et aurait perdu son autonomie.

En janvier 2024, Fouad Ali et Alan Gardebien ont été condamnés à cinq ans de prison ferme, dont un avec sursis probatoire, par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Mais estimant la peine bien trop lourde, tous deux ont interjeté appel. Le 28 avril dernier, le binôme a comparu dans le prétoire de la rue Juliette Dodu. Les deux jeunes hommes âgés d’une vingtaine d’années, au casier déjà bien chargé, jean, T-shirt et crâne rasé, ont eu bien du mal à convaincre les juges de diminuer leur peine.

C’est un vigile, en rentrant chez lui en voiture, qui s’était retrouvé au milieu de la bagarre et était heureusement intervenu afin d’y mettre fin. « Ils shootaient dans sa tête, comme dans un ballon de football », a témoigné une personne présente sur les lieux. La victime avait eu la tête écrasée au sol. Les agresseurs avaient sauté sur son corps à pied joint alors qu’il était inconscient. Il avait reçu plusieurs coups de pied à la mâchoire et dans le bas du ventre. « Ils prenaient leur élan pour le taper dans la tête et au visage », a fustigé la représentante de la société.

Les deux mis en cause ont commencé leurs démêlés avec la justice alors qu’ils étaient mineurs. Tous deux ont commis des vols aggravés, des vols avec violence en réunion et ont reçu tous les avertissements que peut envoyer la justice face à leur comportement. Des jeunes certainement très peu pris en charge par leur famille, à l’image d’Alan Gardebien dont l’expert-psychiatre qui l’a examiné a indiqué « qu’il n’accepte pas les lois morales et sociales de la société, qu’il n’a pas d’éthique et que la violence est ultra-présente dans sa vie ».

Pour Fouad Ali, le spécialiste a évoqué un effet de groupe et un garçon immature rongé par la consommation d’alcool et de zamal. Lors de son examen médical, le jeune homme n’a montré ni regret, ni culpabilité, ni empathie. Quant à sa dangerosité criminologique, l’expert ne l’exclut pas.

Lors de ses réquisitions, le parquet général a proposé à la cour de prononcer une peine de cinq ans ferme pour Fouad. « Il faut lui donner une chance et prononcer un sursis probatoire tout en minimisant la peine », a rétorqué son conseil. Pour son compère, l’avocate générale a requis sept ans de prison ferme ainsi qu’un mois de révocation d’un précédent sursis et quatre mois d’un autre.

Malgré une volonté de changement et une évolution depuis leur premier jugement rappelées par les avocats des appelants, ce ne sont pas les explications inaudibles de leurs clients qui ont permis à la cour de les mesurer. Celle-ci vient de rendre sa décision : Fouad Ali a été condamné à cinq ans de prison et Alan Gardebien à sept ans.

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