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Il tente de tuer son fils de trois ans : L’accusé aura-t-il droit à un procès ?

Un homme de 37 ans, accusé de tentative de meurtre sur son fils de trois ans, a comparu devant les magistrats de la chambre de l'instruction, les experts-psychiatres ayant conclu à une abolition de son discernement au moment des faits en raison de troubles psychotiques sévères. La représentante de la société a proposé à la cour de constater son irresponsabilité pénale et une interdiction de contact avec l'enfant jusqu'à sa majorité.

Ecrit par Isabelle Serre – le dimanche 26 mai 2024 à 17H09

« Il a eu l’impression d’être possédé par les esprits. Souvent, il exprime qu’il est en proie à des sensations internes insupportables. Il se sent comme dissocié et il a des maux de tête tellement forts qu’il doit s’arrêter, secouer sa tête et hurler », décrit l’expert-psychiatre ayant examiné l’accusé de 37 ans qui comparaissait ce mardi devant les magistrats de la chambre de l’instruction.

Les juges doivent désormais déterminer si le père de famille qui a tenté d’étouffer son fils de trois ans, le 11 juillet 2021, était en pleine possession de ses moyens au moment de ces terribles faits. Ce jour-là, le trentenaire avait entendu des voix qui lui auraient « fait injonction » de tuer l’enfant. La scène s’était produite chez sa compagne chez qui il s’était rendu car il ne se sentait plus en mesure de s’occuper tout seul du marmaille.

Heureusement, la conjointe s’était interposée et avait pu éviter le pire. À l’arrivée des policiers, le mis en cause était toujours dans un état d’agitation intense et présentait un comportement incohérent qui, après enquête, durait depuis la veille. Il n’avait d’ailleurs pas pu être placé en garde à vue immédiatement au vu de son état. Le psychologue qui l’avait examiné ce jour-là avait conclu que le patient présentait « une dangerosité criminologique » mais qu’au moment du passage à l’acte « son discernement était altéré ».

Depuis, et dans le cadre de l’instruction du dossier, deux autres experts-psychiatres se sont penchés sur la personnalité de l’intéressé, venu de Mayotte afin de subir une greffe du rein et victime de troubles psychotiques depuis début 2021. Tous deux ont conclu à « une abolition du discernement » au moments des faits.

À la barre du prétoire de la rue Juliette Dodu, le mis en examen pour tentative de meurtre sur mineur de 15 ans par ascendant n’a pas contesté ce qui lui est reproché. Il a confirmé qu’il entendait des voix et qu’il avait, un temps, pensé être victime de sorcellerie. Ses explications sur un éventuel traitement qui lui aurait été prescrit pour calmer ses épisodes de décompensation n’ont pas vraiment permis de comprendre s’il avait interrompu sa prise médicamenteuse au moment de s’en prendre à son fils.

« Toutes les expertises convergent vers un épisode de décompensation lié à un trouble psychotique », a reconnu la représentante de la société proposant à la cour de constater l’irresponsabilité pénale de l’accusé. Si tel était le cas, l’avocate générale a invité les juges a ordonner une interdiction de contact avec l’enfant jusqu’à ses 18 ans ainsi qu’une l’hospitalisation sous contrainte. Ce à quoi la défense ne s’est pas opposée.

La cour se prononcera le 18 juin prochain.

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