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Hulot pieds et poings liés

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 22 juin 2017 à 10H38

L’écologie, compatible avec la République en Marche (REM) ? Oui si Hulot est capable de tenir tête à deux ennemis de l’écologie : ses camarades ministres hostiles à l’environnement, lobbyistes forcenés, qui, du nucléaire, qui, des ventes d’armes, qui du « business » français ; les hauts fonctionnaires qui accompagnent le gouvernement, dont tout indique qu’ils sont défavorables à l’écologie. Macron lui-même est à fond pour les traités CETA et TAFTA, qui contribueront à dérégler la machine climatique un peu plus. S’il fait dans le consensuel, comme Sarkozy lors du Grenelle de l’environnement, ça peut marcher en communication. Il sauvera la face avec des mesures symboliques, mais rien ne changera dans le fond. Il peut décider d’aller au rapport de force, sur la fermeture des centrales ou l’abandon de Notre-Dame-des-Landes, mais c’est peu plausible, sauf s’il se sent soutenu par le terrain.

Hulot ne pourra rien contre l’empoisonnement universel de la chimie de synthèse. Que fera Hulot face à Macron lorsque ce dernier vante les mérites du diesel, ce tueur de masse ? N’oublions pas enfin que la Fondation NH, sa fondation, a pour partenaire le groupe Avril, cœur de l’agro-industrie.

Macron, pour l’écologie, comme pour les autres enjeux, a lancé des signaux contradictoires. Pour le coup, en mettant Nicolas Hulot en l’air, il envoie un signal fort. Il existe donc une marge de manœuvre pour Hulot qui dépendra de la réaction du chef de l’État, qui ne me paraît pas convaincu de la nécessité de changer les modes de production et de consommation, ce qui constitue le cœur de l’écologie. Au contraire, son programme vise à relancer la croissance. Hulot est donc d’une rare naïveté : après avoir été le confident de Chirac, le conseiller de Sarkozy pour le Grenelle de l’environnement en 2007, l’envoyé spécial de Hollande pour la COP21, il devient le numéro 3 du gouvernement néo-libéral de Macron. Tout ça pour quoi ? Le comique de répétition a ses limites.

L’écologie sera donc absente du gouvernement. Elle reste représentée dans les collectivités locales et à l’échelle européenne. Et surtout, elle sera présente dans les mobilisations. De même que depuis 2012, l’actualité écolo s’est largement faite sur le terrain, à Sivens, à Notre-Dame-des-Landes, à Bure, et à La Réunion, par deux fois, à Bois Blanc. C’est d’ailleurs la voie à suivre pour reconstituer l’écologie politique : retisser les liens avec leur base. Les Verts souffrent de leur éloignement des mouvements sociaux et des principales associations. Ils doivent puiser leurs forces dans les luttes de territoire.

L’écologie va être centrale dans la recomposition de la gauche. Les leaders de ce qu’il en reste ont intégré cette conscience environnementale, au point de modifier leur discours de politique économique. La pensée sur la nature vient transformer leur vision de l’économie, elle catalyse un rassemblement fort. Macron n’a pas opéré cette transformation et voit l’environnement comme une politique sectorielle, une variable d’ajustement.

Ensuite, la recomposition passe par des alliances, une forme d’union, un renouvellement organisationnel. Il n’y a pas de recette magique. L’Europe nous livre des exemples : Podemos en Espagne, un mouvement citoyen qui s’institutionnalise, le Labour de Corbyn en Angleterre qui se transforme en interne. Les Européennes de 2019 peuvent être favorables à une dynamique collective. Mais une partie de la réponse viendra de la France Insoumise, en position de force.

www.aid97400.lautre.net

 

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