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Harcèlement conjugal : "Quand je sors de prison, tu vas voir..."

Déjà condamné pour des violences conjugales, Thomas Moler a écopé la semaine dernière de deux ans de prison ferme supplémentaires pour des messages et publications menacants publiés sur les réseaux sociaux du fond de sa cellule à l'attention de son ex-compagne qui avait oeuvré à sa réinsertion.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 26 septembre 2023 à 14H09
Image d'illustration

C’est une victime visiblement très traumatisée qui s’est avancée à la barre du prétoire du tribunal correctionnel de Saint-Denis la semaine passée afin de témoigner de ce qu’elle a vécu. "J’ai peur de ce qu’il pourrait me faire. Il est très violent". La jeune femme qui s'accroche à son mouchoir a l'impression de voir son ex-conjoint "partout".

Le 14 avril dernier, Thomas Moler avait été condamné pour violences conjugales sur cette même dame et avait interdiction d’entrer en contact avec elle. Déjà, lors du délibéré de l’audience, il avait proféré des menaces de mort à son encontre. Sur les conseils de son avocate, elle s’était rendue au commissariat afin de porter plainte. Mais les forces de l'ordre avaient refusé de prendre sa plainte, explique le conseil. "Depuis, il appelle depuis la prison qui est un vrai gruyère, fustige Me Frédérique Fayette. A chaque appel, je lui ai dit d’aller porter plainte et à chaque fois, elle a essuyé un refus".

L’avocate avait alors écrit au parquet de Saint-Denis afin de dénoncer les menaces dont sa cliente faisait régulièrement l’objet. "Il appelle, il n’y a personne au bout du fil ou alors il prend une voix féminine. Elle est menacée à coups de têtes de mort sur les réseaux sociaux. Il dit "quand je sors, tu vas voir..."", détaille la robe noire à l’attention du tribunal. Puis, c’est le parcours du combattant pour la victime afin de trouver des soutiens. Elle subit également une expertise psychologique. "Ce jeune homme est un ancien détenu. Dans le cadre de sa réinsertion, il a rencontré ma cliente qui est travailleur social. Elle a essayé de l’aider et elle est tombée amoureuse. Maintenant on le lui reproche".

Au soutien des intérêts de Thomas Moler qui n’a pas l’air de se rendre compte de la gravité des faits qui lui sont reprochés, la défense décrit un jeune homme blasé par les peines d'emprisonnement. "C’est un stage de sensibilisation aux violences conjugales dont il a besoin", plaide le conseil. Le tribunal a vraisemblablement décidé qu'il était trop tard. Thomas Moler est condamné à deux ans d’emprisonnement ferme. Il a interdiction de contact avec son ex-compagne pendant trois ans. Un an supplémentaire pourrait lui être infligé en cas de non-respect de cette nouvelle obligation.

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