Guet-apens contre une avocate à Mayotte : le tribunal condamne Théophane Narayanin à cinq ans de prison ferme

Dix ans après l’agression d’une avocate à Mamoudzou, la justice a tranché. Le tribunal correctionnel a reconnu le patron d’IBS coupable d’avoir commandité cette expédition punitive. Une lourde condamnation, assortie d’un mandat de dépôt différé, a été prononcée.
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Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a suivi les réquisitions du parquet, relatent nos confrères de Mayotte la 1ère. Théophane Narayanin, dit « Guito », a été reconnu coupable d’avoir commandité l’agression d’une avocate exerçant à Mayotte au moment des faits, en septembre 2015. Dix ans plus tard, la juridiction le condamne à cinq ans de prison ferme, avec mandat de dépôt différé, 75.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer toute profession commerciale pendant quinze ans.
Concrètement, cela signifie que l’homme d’affaires ira bien en prison, mais pas immédiatement. Les juges devront lui notifier ultérieurement la date de son incarcération. Une décision qui, ont précisé les magistrats, ne sera pas suspendue en cas d’appel. Les condamnés disposent toutefois d’un délai de dix jours pour contester le jugement.
Présenté par l’accusation comme le « donneur d’ordre »
Présenté par l’accusation comme le « donneur d’ordre » de l’expédition punitive, Théophane Narayanin n’était pas le seul prévenu dans ce dossier tentaculaire. Quatre autres hommes étaient également jugés pour leur participation à ce guet-apens, qui visait initialement Me Sylvie Sevin, avocate impliquée dans un dossier sensible lié aux carrières Dachery, mais dont la consœur agressée avait été prise pour cible par erreur. Lors de l’audience du 10 décembre, le procureur avait insisté sur l’existence d’éléments « graves et concordants » établissant le rôle central de Narayanin dans l’organisation de l’agression.
Au fil des débats, la thèse d’un simple soutien financier « par humanité » avancée par le chef d’entreprise a été battue en brèche. Les enquêteurs ont mis en lumière un système de pressions et de paiements destinés à acheter le silence des membres du commando, pour un montant largement inférieur aux 250.000 euros initialement réclamés. Des écoutes téléphoniques, des séjours offerts et l’usage de téléphones clandestins ont achevé de convaincre la juridiction.


