Grève des médecins libéraux : le mouvement du 5 janvier sera suivi à La Réunion

La présidente de l’Union régionale des médecins libéraux de l’océan Indien, le docteur Christine Kowalczyk, confirme que l’intersyndicale nationale sera relayée localement. Une réunion de coordination est prévue ce vendredi en visioconférence pour préparer la mobilisation.
Les syndicats de médecins libéraux, généralistes comme spécialistes, appellent à une grève nationale à partir du 5 janvier prochain pour dénoncer un projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2026) jugé « destructeur pour la médecine libérale ». Ce mot d’ordre unitaire, signé par les sept organisations représentatives – MG France, CSMF, FML, UFML, Avenir Spé-Le Bloc et SML – mobilise également internes et étudiants en médecine, invités à « reporter dès aujourd’hui tous les rendez-vous à compter du 5 janvier ».
À La Réunion, la présidente de l’Union régionale des médecins libéraux de l’océan Indien, Christine Kowalczyk, confirme que le mouvement sera relayé localement. « C’est une intersyndicale nationale, et nous allons suivre le mouvement ici aussi. Nous avons une réunion de coordination demain en fin de journée, en visioconférence, pour caler les actions à venir », explique-t-elle.
« Le vrai problème, c’est le manque total de concertation »
Le point de crispation principal porte sur deux articles du PLFSS. Le premier autorise l’Assurance-maladie à modifier unilatéralement les tarifs des consultations, sans passer par les négociations conventionnelles habituelles. « C’est une manière de faire sauter les corps intermédiaires, de court-circuiter le dialogue avec les syndicats », déplore la médecin. Le second article introduit une surcotisation sur les dépassements d’honoraires, une mesure jugée « punitive » par les syndicats, qui dénoncent une « attaque inédite depuis la création de la Sécurité sociale ».
« Le vrai problème, c’est le manque total de concertation », poursuit Christine Kowalczyk. Elle critique notamment la mise en place du dispositif « France Santé », annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui labellise des structures capables de proposer un rendez-vous en moins de quarante-huit heures. « C’est un projet sorti du chapeau, sans aucune concertation avec les professionnels concernés. Cela touche directement les CPTS [Communautés professionnelles territoriales de santé], sans qu’on ait été consultés », regrette-t-elle.
Si certaines spécialités, comme les radiologues du privé, seront déjà en grève dès le 3 décembre après une baisse unilatérale de leurs tarifs, les médecins libéraux de La Réunion privilégient pour l’instant la pédagogie. « Nous allons surtout informer les confrères et les rencontrer pour leur expliquer ce qui se passe. La grève, elle, commencera en janvier », précise la praticienne.
Une grande manifestation nationale est prévue le 7 janvier à Paris, tandis que le mouvement pourrait s’étendre dans les territoires ultramarins. Pour les syndicats, l’enjeu est clair : obtenir du gouvernement le retrait des articles contestés et la garantie du maintien de la négociation conventionnelle, pilier de la médecine libérale.


