Grève des médecins : à La Réunion, le système de soins face à une mobilisation inédite dès aujourd'hui

Une large partie des médecins libéraux de La Réunion cessent leur activité ce matin, répondant à l’appel d’une grève nationale lancée par les principaux syndicats médicaux du pays. Le mouvement, qui s’étend du 5 au 15 janvier 2026, vise à dénoncer plusieurs réformes jugées « destructrices pour la médecine libérale » et une dégradation continue des conditions d’exercice.
« Sauver la médecine libérale » : la colère des syndicats
Dans un communiqué diffusé fin décembre, le Syndicat des médecins libéraux (SML) Réunion alerte sur un accès aux soins qu’il estime « en grand danger ». En cause : la pénurie persistante de médecins traitants, l’accumulation de mesures réglementaires et la complexité croissante des obligations administratives, notamment autour du dossier médical partagé, jugé chronophage et peu adapté à la réalité du terrain.
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Le docteur Humbert Gojon, président du SML Réunion, résume l’état d’esprit des praticiens mobilisés : « Ce mouvement est indispensable pour sauver la médecine libérale et alerter sur les conséquences à long terme de ces réformes sur l’accès aux soins de la population. »
La mobilisation avait été confirmée par l’Union régionale des médecins libéraux de l’océan Indien. Sa présidente, le docteur Christine Kowalczyk, soulignait le caractère national du mouvement dès le mois de novembre : « C’est une intersyndicale nationale, et nous allons suivre le mouvement ici aussi », tout en pointant un manque de concertation avec les professionnels de santé.
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Généralistes et spécialistes concernés
L’appel à la grève, soutenu par sept organisations représentatives, concerne aussi bien les médecins généralistes que les spécialistes, ainsi que les internes et étudiants en médecine. Ces derniers sont invités à reporter les rendez-vous programmés à compter du 5 janvier.
Dans le détail, les généralistes sont appelés à suspendre leurs consultations dès ce lundi, au minimum jusqu’au 10 janvier. Les spécialistes, eux, sont invités à se mobiliser plus particulièrement entre le 10 et le 14 janvier, ce qui pourrait prolonger les difficultés d’accès aux soins au-delà de la première semaine.
L’ARS appelle à anticiper et à un usage raisonné des soins
Face à cette mobilisation annoncée, l’Agence régionale de santé de La Réunion appelle la population à anticiper et à faire preuve de responsabilité. Les patients sont invités à contacter leur médecin traitant avant tout déplacement et, lorsque cela est possible, à renouveler leurs ordonnances en amont de la période de grève.
En cas d’indisponibilité d’un praticien ou de doute sur la conduite à tenir, l’ARS recommande d’appeler le 15, afin d’obtenir une orientation médicale adaptée. Les patients sont également encouragés à contacter les cliniques avant de s’y rendre, notamment pour les prises en charge sans rendez-vous.
Les services d’urgences du CHU de Saint-Denis et de Saint-Pierre, du CHOR à Saint-Paul et du GHER à Saint-Benoît restent pleinement mobilisés pour les situations urgentes, tout comme la permanence des soins ambulatoires assurée par les médecins de garde, en soirée et le week-end. L’ARS rappelle toutefois que ces dispositifs doivent être réservés aux situations qui le nécessitent réellement.
Une semaine sous tension pour l’accès aux soins
Ce lundi 5 janvier marque ainsi le début d’un mouvement social d’ampleur, susceptible de perturber durablement l’accès aux consultations de ville à La Réunion. Entre revendications des médecins et recommandations des autorités sanitaires, les patients sont appelés à s’organiser et à anticiper, dans un contexte déjà marqué par les tensions structurelles du système de santé sur l’île.


