Glyphosate à La Réunion : la "profonde préoccupation" d'EELVR

Europe Ecologie Les Verts Réunion déplore la première position de La Réunion dans le classement des départements consommateurs de glyphosate.
Communiqué du parti Les Écologistes sur le glyphosate à La Réunion :
La Réunion exprime sa profonde préoccupation face aux récentes révélations selon lesquelles le département de La Réunion est le premier utilisateur de glyphosate en France. Ce classement alarmant met en lumière une situation d'urgence environnementale et sanitaire nécessitant une réponse immédiate et coordonnée. L'utilisation d'intrants dans la filière agricole provoque l'accentuation de dégâts environnementaux et se répercute dans nos assiettes. Elle est source d'inégalités sociales, de déséquilibres alimentaires et de maladies chroniques, voire morbides.
Le glyphosate, classé comme « probablement cancérogène » par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est une menace directe pour la biodiversité, la qualité des sols, et la santé des Réunionnaises et Réunionnais. Cette surutilisation compromet non seulement les écosystèmes insulaires uniques, mais aussi la sécurité alimentaire à long terme de l'île.
Nous appelons les autorités locales et nationales à prendre des mesures drastiques pour réduire rapidement l'utilisation de glyphosate sur l'île.
Nous exigeons :
- La mise en place d'un moratoire immédiat sur l'utilisation du glyphosate : une réduction progressive mais rapide de son utilisation, avec un objectif d'interdiction totale d'ici 2026.
- L'accompagnement des agriculteurs dans la transition vers des pratiques agroécologiques : un soutien technique et financier doit être apporté pour permettre une agriculture durable et respectueuse de l'environnement.
- Une campagne de sensibilisation et de formation : informer la population et les agriculteurs des dangers du glyphosate et des alternatives viables.
Rappelons que d'un point de vue économique, l'utilisation de ce type de produits est une aberration. Selon Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), "les coûts cachés des systèmes agroalimentaires représentent au moins 10 000 milliards d'USD au niveau mondial". Pour notre région, cela représente un coût d'environ 2 milliards d'euros.
Nous avons également une pensée pour les femmes agricultrices (souvent oubliées lors des dépistages des maladies professionnelles avec exposition sévère et répétée aux pesticides) et à l'empoisonnement des nappes phréatiques sous et en aval des cultures avec un risque à terme de devoir ne plus utiliser les forages les plus productifs.
Une pensée également pour nos ami.e.s antillais où l'utilisation du chlordécone, bien qu'autorisée à l'époque, y a engendré une catastrophe environnementale et un scandale sanitaire pour les populations et les écosystèmes. La quasi-totalité des Guadeloupéens et des Martiniquais sont maintenant contaminés par ce pesticide ultra-toxique, les nappes d'eau souterraines, les végétaux et la faune sont également impactés pour de nombreuses années.
Est-ce ce que nous voulons pour La Réunion ?
Nous réitérons notre engagement à promouvoir une agriculture respectueuse de l'environnement et de la santé humaine. La situation à La Réunion doit être un électrochoc pour accélérer la transition écologique partout en France. Il est de notre responsabilité collective de préserver notre biodiversité et de protéger les générations futures.
Nous appelons les citoyens, les associations, et les acteurs économiques à se mobiliser pour faire de La Réunion un modèle de transition écologique réussie.


