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"Gitan", tête de réseau présumée d’un trafic de cocaïne entre Paris et La Réunion, libéré pour vice de procédure

Ecrit par Sébastien Gignoux – le jeudi 28 mai 2026 à 12H31

Alors qu’il doit être jugé la semaine prochaine pour un vaste trafic de stupéfiants entre l’Hexagone et La Réunion, Merwan O., surnommé « Gitan », a été remis en liberté il y a quelques jours pour vice de procédure.

Il fait partie de ces Franciliens soupçonnés de vouloir développer le business du trafic de cocaïne à La Réunion. Mis en examen et écroué en juin 2024 au centre pénitentiaire de Domenjod, Merwan O., 31 ans, plus connu sous le surnom de « Gitan », aurait dû comparaître détenu devant le tribunal correctionnel mardi 2 juin prochain. Il n’en sera rien.

En raison d’un vice de procédure, le suspect arrêté à Asnières (92) a été remis en liberté le 19 mai dernier par le parquet général de Saint-Denis, confirmant une information de nos confrères du Parisien. A l’origine de ce « bug », des contretemps survenus alors que le conseil du prévenu a multiplié les pourvois devant la Cour de cassation.

Renvois et coquille

L’un d’eux, effectué contre une décision de la chambre de l’instruction s’agissant d’une nullité procédurale soulevée par la défense, avait prospéré au point que le cas avait dû être réexaminé par la cour d’appel de Saint-Denis. Sa décision, à nouveau querellée devant la juridiction supérieure, avait empêché que « Gitan » soit jugé avec ses complices présumés le 19 février dernier, dix prévenus ayant alors écopé de peines jusqu’à quatre ans de prison. En attendant la décision de la Cour de cassation, le tribunal avait dû disjoindre son dossier, renvoyant sa comparution au mois d’avril.

Mais un nouveau renvoi avait dû être ordonné faute, toujours, de décision de la Cour de cassation. C’est là qu’intervient la coquille : l’avocat ayant constaté une « divergence » entre la note d’audience et le jugement de renvoi, il avait alors sollicité et obtenu la remise en liberté de son client en plaidant une « détention arbitraire ».

Une "carotte de stups" au départ de l'affaire

L’enquête sur ce réseau présumé avait démarré en août 2023, à la suite d’une surprenante affaire de « carotte de stups » survenue sur le parking de la salle Candin à Saint-Denis. Un revendeur du réseau s’était fait dépouiller de 350 g de cocaïne par des « clients » armés d'un pistolet à billes. En représailles, un groupe d’individus cagoulés et armés avait débarqué peu après dans la planque des « carotteurs » à La Bretagne pour reprendre la marchandise volée.

Lire aussi : Condamné à La Réunion, un trafiquant francilien transféré à la nouvelle prison de haute sécurité de Vendin-le Vieil

Ce qui avait permis aux policiers du STPJ de remonter toute une filière déjà à l’œuvre depuis deux ans sur l’île et comprenant des mules, des revendeurs et des organisateurs locaux. Jusqu’à la tête présumée du réseau, déjà condamnée pour trafic de stups en métropole il y a quelques années.

Reste à savoir si « Gitan », désormais libre de ses mouvements, se présentera bien à l’audience du 2 juin… qui pourrait faire l’objet d’un nouveau renvoi si la Cour de cassation n’a toujours pas tranché le précédent litige.

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