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Gérald Darmanin s’est rendu à la prison de la Santé pour visiter Nicolas Sarkozy

Ecrit par N.P. – le jeudi 30 octobre 2025 à 15H52
© Pierre Marchal / Anakaopress

Le ministre de la Justice a rencontré mercredi soir l’ancien président incarcéré depuis le 21 octobre dans le cadre de l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007. Une visite qui suscite des critiques sur le respect de l’indépendance judiciaire.

Comme il s’y était engagé publiquement, Gérald Darmanin s’est déplacé mercredi soir à la prison de la Santé pour rendre visite à Nicolas Sarkozy. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, l’entrevue a eu lieu entre 19 heures et 19 h 45, en présence du directeur de l’établissement pénitentiaire. L’ancien chef de l’État y est détenu depuis le 21 octobre, après sa condamnation à cinq ans de prison dans l’affaire dite du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, une décision dont il a fait appel.

Le garde des Sceaux avait annoncé son intention de « voir en prison » l’ex-président, estimant que cette démarche relevait de sa responsabilité en tant que chef d’administration. Gérald Darmanin a rappelé qu’il pouvait visiter « n’importe quel détenu » à tout moment et qu’il lui revenait de s’assurer du bon déroulement d’une détention jugée exceptionnelle, au regard du statut de l’ancien chef d’État.

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Mais cette initiative a provoqué de vives réactions au sein de la magistrature. Le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a exprimé ses réserves, jugeant qu’une telle visite comportait un « risque d’obstacle à la sérénité » de la justice et pouvait être perçue comme une atteinte à son indépendance. Une critique à laquelle Gérald Darmanin a répliqué en invoquant l’article 20 de la Constitution, qui confie au gouvernement la responsabilité de la conduite de la politique nationale et de l’administration.

L’incarcération d’un ancien président de la République constitue une première sous la Ve République. Nicolas Sarkozy bénéficie par ailleurs d’une protection rapprochée assurée par deux officiers de sécurité, une mesure exceptionnelle justifiée par les menaces pesant sur lui, selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

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Cette visite intervient après la réception de Nicolas Sarkozy à l’Élysée par Emmanuel Macron, quelques jours avant son incarcération. Le chef de l’État avait alors défendu ce geste « sur le plan humain », tout en affirmant son attachement à l’indépendance de la justice. À gauche, cette succession de gestes a suscité des critiques. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, y voit un « manque de respect des institutions » envers une justice qui a condamné l’ancien président pour des faits « extrêmement graves ».

Condamné en première instance pour financement illégal de campagne électorale, Nicolas Sarkozy continue de clamer son innocence et espère faire reconnaître sa version des faits lors du procès en appel à venir.

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