Georges Ibrahim Abdallah libéré après quarante ans de prison

Condamné en 1987 pour complicité dans l’assassinat de deux diplomates, Georges Ibrahim Abdallah a quitté la prison de Lannemezan dans la nuit du 24 au 25 juillet. Le militant pro-palestinien libanais, libérable depuis 1999, a été expulsé vers le Liban ce vendredi.
Il aura passé quatre décennies derrière les barreaux. Georges Ibrahim Abdallah, figure de la cause palestinienne et ancien leader des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises), a été libéré dans la nuit de jeudi à vendredi, à 3h40 du matin. Sous escorte policière, l’homme de 73 ans a quitté discrètement le centre pénitentiaire de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) pour rejoindre l’aéroport de Tarbes, direction Roissy, puis Beyrouth. Libérable depuis 1999, il avait vu ses précédentes demandes systématiquement rejetées. La cour d’appel de Paris a finalement ordonné sa libération conditionnée à son expulsion définitive du territoire français.
Condamné à la réclusion à perpétuité en 1987, Georges Ibrahim Abdallah avait été reconnu complice dans l’assassinat de deux diplomates, un Américain et un Israélien, en 1982 à Paris. À l’époque, dans un climat de tensions internationales exacerbées par la guerre au Liban, l’affaire avait marqué les esprits. Mais les juges de la chambre d'application des peines ont estimé que sa détention était devenue « disproportionnée », rappelant que les FARL n’avaient plus commis d’actions violentes depuis 1984 et que l'intéressé n'était plus une menace pour l’ordre public. Ils ont toutefois souligné l’absence de regret ou de compassion exprimée envers les victimes.
À son arrivée à Beyrouth, Georges Ibrahim Abdallah devrait être accueilli officiellement dans son village natal de Kobayat, dans le nord du pays, où sa famille prépare un retour célébré. Son avocat, Me Jean-Louis Chalanset, a salué une « victoire politique » et un « soulagement » pour son client, détenu depuis 1984. « Il aurait dû sortir il y a tellement longtemps », a-t-il confié.
Le parquet général a bien annoncé un pourvoi en cassation, mais ce recours n’est pas suspensif.


