Fruits et légumes : Les agriculteurs manifestent

Les agriculteurs se sont rassemblés ce matin devant la préfecture pour déposer une motion et dans l'espoir de rencontrer le préfet. Rejoints par les producteurs du secteur de l'alimentation animale, ils vont ensuite défiler le long de la rue de Paris pour se rendre au Conseil départemental afin de rencontrer son président, Cyrille Melchior.
L'UPNA détaille l'action menée ce lundi : "Aujourd'hui, le monde agricole est dans la rue encore une fois. Les éleveurs, les présidents des coopératives vont montrer vraiment leur mécontentement. Une motion sera déposée à la préfecture avec monsieur le préfet. On va ensuite défiler jusqu'au Département pour voir le président Cyrille Melchior. Nous n'allons pas trop gêner la population. Aujourd'hui, on fait ça parce que l'inflation qu'on subit, ce sera la population qui le paiera demain."
Dominique Clain n'exclut pas un durcissement du mouvement dans les jours à venir : "Si on n'est pas entendu, il y aura des mouvements qui vont se durcir. Aujourd'hui, c'est tout le monde agricole qui est en débrayage."
Jean-Michel Moutama, président de la CGPER (Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion), déplore un coup d'arrêt à la production végétale à La Réunion : "Aujourd'hui, l'ensemble des syndicats de l'île accompagnent les producteurs parce que cette filière est en grave danger. Depuis 2010, 2020, elle a connu une ascension fulgurante à La Réunion. On a 70% de produits frais produits localement. On a, depuis 2020, un arrêt de cette progression. On subit l'inflation, à cause des contextes géopolitique, climatique et sanitaire. Notre matière première a vu ses prix doubler. Quelle entreprise peut tenir ?"
Il évoque des décisions prises au niveau européen pour soutenir ces filières mais une application qui n'est toujours pas d'actualité : "On est venu chercher de l'accompagnement de la part du Département et de l'Etat. L'Etat a mis un accompagnement pour l'alimentation animale, mais on n'a rien vu arriver pour la production végétale. Des décisions européennes ont été prises, on attend toujours leur application. Le département a mis 4,5 millions pour la production végétale. Mais il y a tellement de clauses que quasiment personne n'a reçu d'aides à ce jour."


