Frédéric Maillot : « Tout le monde pêche chez nous, grâce à nous, sauf nous !»

Communiqué
Par courrier du 11 mars 2024, j’ai adressé au président de la République les inquiétudes des acteurs de la pêche qui étaient réunis au sein du Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins de La Réunion.
C’est après une lutte acharnée et des revendications sans répit que la flotte de pêche réunionnaise sera renouvelée cette année. Le secteur de la pêche connaît des périodes difficiles depuis plusieurs années, mais la décision de la Commission européenne est une reconnaissance de notre potentiel.
Notre avenir maritime repose sur nos « ti péshér » qui représentent pas moins de quarante bateaux. Le refus des aides a souvent été conditionné au prétexte de la mise en péril des ressources provoquées par la présence de grands chalutiers présents dans notre Océan. La décision de la Commission européenne ouvre désormais une nouvelle page pour la prospérité économique de nos « ti péshér ».
L’autonomie alimentaire de notre île passe par le droit de nos pêcheurs à avoir du matériel performant et de qualité pour pouvoir pratiquer leur activité professionnelle, c’est un pas en avant pour notre économie locale. C’est un geste d’autant plus fort que la quantité de poissons pélagiques pêchés par l’ensemble de nos pêcheurs de La Réunion s’élève à 4 000 tonnes par an alors que 655 000 tonnes par an sont prélevées par la totalité des armements dans l’Océan Indien. Ce renouvellement était donc urgent et répond enfin aux attentes des pêcheurs.
Les aides financières étaient vivement attendues et nous ne pouvons qu’être satisfait d’avoir eu une réponse positive à notre demande.
Lettre de Frédéric Maillot :
Monsieur le Président de la République,
Face aux inquiétudes des acteurs de la pêche réunis au sein du Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins de La Réunion, je souhaite vous interpeller sur l'urgence d'un soutien au niveau de la Commission européenne pour la défense de nos pêcheurs Réunionnais s'agissant du renouvellement de nos flottes de pêches.
Il semble que la Direction générale des affaires maritimes et de la pêche (DG MARE), pour une année supplémentaire, souhaite refuser et donc priver la possibilité de bénéficier d'aides d'Etat pour le renouvellement des flottes de pêches de La Réunion avec un motif sans réel fondement que nous contestons, celui de la protection de la ressource dans le bassin Océan Indien.
Monsieur le Président, si cette décision venait à être confirmée, elle serait une terrible injustice pour les professionnels de la pêche à La Réunion. En effet, il n'est point besoin de rappeler que la présence Française et donc Européenne dans le bassin Océan Indien notamment à travers sa zone économique exclusive (ZEE) du fait de la présence de La Réunion, de Mayotte et des TAAF, confère à la France une position géo-économique et politique de premier plan. À noter que les pêches pratiquées par nos flottes sont contrôlées et suivies de façon exemplaire et que la chasse aux navires INN, depuis une trentaine d'années, doit beaucoup à la présence de nos navires sur zone.
C'est grâce à nos populations vivant à La Réunion et à Mayotte que l'Europe bénéficie d'un siège à la Commission des Thons de l'Océan Indien (CTOI) lui permettant d'octroyer des licences de pêche et des quotas à des navires battant pavillons, non seulement Français, mais aussi Grec et Espagnol.
L'autre paradoxe est que l'Union européenne à travers sa politique de coopération avec notre île sœur, Maurice, lui permet via les financements accordés pour le développement, d'investir dans la modernisation de sa flotte de pêche.
Pour rappel, la quantité de poissons pélagiques péchés par l'ensemble de nos pêcheurs de La Réunion s'élève à 4 ooo tonnes par an alors que 655 ooo tonnes par an sont prélevées par la totalité des armements dans l'Océan Indien.
Par notre présence, l'Europe bénéficie de plus de 100 ooo tonnes de quotas à distribuer aux armateurs européens.


