Fête des pères mortelle : Le tireur de la piscine du Chaudron une nouvelle fois devant les assises

Edson Racine, 28 ans, déjà condamné en 2013 dans l’Hexagone dans une affaire criminelle de vol avec arme par une cour d’assises des mineurs, se retrouve pour la troisième fois de sa vie dans le box des accusés. A l’âge de 21 ans, il avait regagné l’île de La Réunion à sa sortie de prison avec déjà un parcours de délinquant. Depuis 2018, le jeune homme entretenait un différend avec Rudolphe P. au sujet du partage d’une cave, située dans un quartier de Saint-Denis, appartenant à la mère de celui-ci. Certains racontent qu’en poussant la porte de ladite cave, Edson Racine avait un jour heurté la tête de Rudolphe qui lui avait demandé de s’excuser. Face à son refus, ce dernier était allé chercher un fusil. Les choses en étaient restées là, sauf que Rudolphe se trouvait sous bracelet électronique et n’avait pas respecté les conditions de sa libération conditionnelle. Réincarcéré pendant 18 mois, il n’avait ensuite plus jamais mis les pieds dans le quartier du Chaudron afin d’éviter les problèmes. Hormis ce 21 juin 2020, jour de la fête des pères, où il avait croisé Edson Racine par hasard. Selon les premiers éléments de l’enquête, celui-ci lui aurait demandé de le suivre, ce qu’il avait refusé. Il s’était alors rendu chez son père, allée du Zoo à Sainte-Clotilde, face à la piscine du Chaudron, afin de semer son rival.
Mais très vite, Edson Racine était arrivé en scooter, armé d’un fusil à pompe, devant le domicile paternel. Il avait dégainé son arme et avait tiré en direction de Rudolphe qui l’ayant vu arriver, était venu vers lui. Sur la terrasse de la maison se trouvait le père de Rudolphe, Hubert, qui prenait le frais en compagnie de deux amis.
Le père avait également apostrophé Edson Racine afin qu’il déguerpisse. Mais trop tard. Alors que Rudolphe parvenait à se cacher derrière un véhicule garé dans la rue, le père et les deux amis étaient touchés par le tir. Ils s’en étaient tirés avec des blessures et un vif traumatisme alors qu’Hubert avait succombé aux siennes un mois et demi plus tard, le 12 août 2020.
Il se cache pour échapper aux représailles
Pendant plusieurs jours, Edson Racine avait disparu des écrans radar avant de finalement se rendre de lui même aux policiers de Malartic. Au cours de ses auditions dans le cadre de l’information judiciaire menée par un juge d’instruction dionysien, le vingtenaire a déclaré avoir vu Rudolphe en possession d’une arme et avoir réagi en défense en se saisissant de la sienne, tirant par accident.
Cependant, le témoignage des survivants n’accrédite pas cette thèse. Tout comme les déclarations du dalon de l’accusé, sollicité juste avant les faits pour l’accompagner, et qui tendent à prouver qu’Edson Racine s’était muni de son arme ainsi que de six cartouches acquises après avoir croisé quelques jours plus tôt Rudolphe, son ennemi juré. L’ami en question avait refusé de l’accompagner dans son entreprise qui s’est révélée mortelle.
Pour la tentative d’assassinat de Rudolphe et l’assassinat de son père, Hubert, Edson Racine, en état de récidive au moment des faits, risque la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict devrait tomber ce mercredi dans la journée à l’issue de trois jours de procès. Pour rappel, en première instance, l'accusé avait été condamné en juin 2023 à 25 ans de réclusion criminelle alors que la peine de 30 ans avait été requise.
NDLR : Selon la jurisprudence constante, l’intention d’homicide est caractérisée lorsque le coupable a l’intention de donner la mort alors même qu’il a tué une autre personne que celle qu’il voulait atteindre.


