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​Fête des pères mortelle : 30 ans de réclusion requis à l’encontre d'Edson Racine

Le procès aux assises d’Edson Racine se poursuit ce jeudi. Les débats ont porté sur les personnalités des victimes ainsi que sur celle de l’accusé. La défense a demandé au président de poser la question aux jurés de la requalification de la mise examen pour assassinat en violences avec arme ayant entrainé la mort sans intention de la donner. L'avocate générale a requis 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers de la peine.
Ecrit par Régis Labrousse – le jeudi 29 juin 2023 à 16H23

Deux experts, psychologue et psychiatre, se sont succédés en visioconférence ce jeudi afin de donner des explications à la Cour sur les expertises qu’ils ont effectuées sur les trois victimes encore en vie et sur l’accusé. Ces analyses ont été effectuées quelques semaines après les faits en 2020. Il en ressort pour les victimes, "un fort impact émotionnel" entraînant une diminution physique. Pour Rudolphe P., fils du défunt, cette violente agression a entraîné des troubles du sommeil avec une grande fatigue et de nombreux cauchemars. "Il m’a tout enlevé, je n’ai plus de papa", avait indiqué l’homme au psychologue. Les deux autres victimes, qui ont été blessées, indiquaient revoir souvent la scène dont elles se souvenaient parfaitement lors de l’expertise. Un état de stress traumatique était relevé chez les deux hommes. 

Le psychiatre qui a vu l’accusé en visioconférence en décembre 2020 note qu'il n’a pas de problèmes pathologiques mais une tendance dissociale sans doute due à l’absence de son père qui l’a abandonné quand il avait 5 ans. S’il note un niveau intellectuel faible, il indique que l’accusé s’est forgé un caractère où l’affect et l’émotionnel ne sont que très peu représentés. "Il a grandi en mettant en place des mécanismes compensatoires", explique-t-il. Il le décrit comme quelqu’un d’autocentré et assez peu autocritique qui minimise systématiquement ce qui le remet en cause, indiquant qu'il s’agit d’un mécanisme de défense. "Le sujet n’est pas irrattrapable, pour lui : l’autre existe mais c’est quelqu’un qui m’avait ennuyé donc je lui ai donné un coup et c’est bien fait pour lui", ajoute le psychiatre. "Il a des regrets mais ceux d’être à la cour d’assises, c’est à hauteur de son fonctionnement, c’est à priori quelqu’un de sincère", conclut le spécialiste. 

"C'est un assassinat et deux tentatives d'assassinat" 

Lors de sa prise de parole, l'avocate générale a rappelé les propos d'Edson Racine qui avait affirmé : "Je vais le voir pour discuter". Et de commenter : "C’est vrai que d’y aller avec un fusil, c'est la meilleure des façons pour discuter. Je ne vous parlerai que des éléments du dossier et des faits. Je vais vous demander de vous souvenir des déclarations des témoins. Leurs déclarations permettent d’affirmer que l’accusé a pris le temps de regarder et qu’il a pris le temps de viser. Je pense que le tir est bien plus près que 25 mètres car à la reconstitution, la gerbe de plomb est large mais pas tant que ça, il n’était pas à plus de 15 mètres. Ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’après le tir, il y a un mort et deux victimes touchées."

L'avocate générale s’est évertuée à prouver la volonté de l’accusé de venir en découdre ainsi que de la préméditation de son acte. "Dès lors qu’on tire dans une direction avec un fusil, c’est pour atteindre la cible. Il savait très bien en tirant qu’il allait tuer ! Je tire en direction de trois personnes, c’est pour tuer les trois. Il en tue une et en blesse deux. C’est un assassinat et deux tentatives d’assassinat."

Elle a rappelé que l'accusé était en état de récidive, un fait rare à son âge, et qu'il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. "Je vous demande 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers de la peine", a-t-elle conclu.

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