Faute de contrats, les associations d’emplois verts en danger

Regroupées dans un collectif, des associations d’emplois verts de l'Est interpellent le préfet et réclament l’organisation urgente d’une table ronde. En cause : le blocage du quota de contrats PEC, pourtant voté en mai par la Région. Depuis, plusieurs chantiers sont à l’arrêt, parfois depuis plus de quatre mois.
Des sites emblématiques de l’Est, comme Bethléem, Takamaka ou les berges de la rivière des Roches ne sont plus entretenus. « Et demain, ce sont les encadrants en CDI qui perdront leur emploi », alerte Alice Rouget, encadrante depuis 26 ans au sein d’Agir pou nout tout.
Les associations dénoncent une pénurie de contrats PEC (parcours emploi compétences), financés à 50 % par l’État et la Région, mais dont le quota est géré par l’État. Le 2 mai, la Région avait validé 700 emplois verts, soit autant que l’an dernier. Mais selon un collectif rassemblant quatre associations de l’Est (ABDESS, ABDEC, Agir pou nout tout et APMNEST), une partie des contrats manque aujourd’hui cruellement à l’appel.
On se renvoie la balle
A elles seules, elles ont besoin de 72 PEC pour faire fonctionner leurs chantiers. Or, la sous-préfecture de Saint-Benoît leur a annoncé la semaine dernière qu’il ne restait que 42 contrats disponibles pour tout l’Est en août, tous secteurs confondus.
« Le sous-préfet nous a dit de prioriser les contrats entre nous, en tenant compte des urgences, mais ce n’est pas possible, la Région nous dit qu’il ne peut pas y avoir de démarrage partiel de contrats », intervient l’une des présidentes d’association. Les contrats doivent d’abord être débloqués et signés avec France Travail avant que la convention ne soit officialisée avec La Région.
"Ou sont passés les 10.000 contrats ?"
Les associations s’interrogent : « Où sont passés les 10.000 contrats annoncés par l’État ? » Elles affirment que 7.500 ont été attribués aux mairies, « le reste est à se partager entre toutes les associations de l’île, emplois verts ou non ».
« À un moment, il faut arrêter de se renvoyer la balle. Il faut que tous les partenaires se mettent autour d’une table et accordent leur violons », réclame un encadrant. A force, c’est la survie des associations qui est en jeu, ces dernières assurant depuis plusieurs mois les salaires de leurs encadrants sur leurs fonds propres. « En août, on ne pourra plus tenir », prévient l’un de ses présidents.
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Le collectif rappelle l’utilité du dispositif, particulièrement après le cyclone ou pour lutter contre les gîtes larvaires. Mais aussi pour entretenir les bords de ravines, une priorité encore rappelée dernièrement par les collectivités.
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"On préfère quoi, verser le RSA ?"
« C’est une stratégie pour faire fermer les associations et arrêter les PEC. On préfère quoi ? Verser le RSA ? Je ne comprends pas alors que nous sommes utiles et que ce sont des salariés qui veulent vraiment travailler », dénonce une présidente.
Pour elles, si les emplois verts disparaissent, « ce ne sont pas les mairies qui pourront assurer l’entretien ».
Les associations ont écrit au préfet pour obtenir une table ronde. Elles menacent de manifester avec leurs homologues des autres régions de l’île si aucune solution n’est trouvée d’ici la semaine prochaine.



