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Fais péter !

Il ne faut pas attendre le mois de décembre pour compter les cadavres de chiens et de chats sur les routes de l’île intense mais disons que nos fidèles compagnons sont encore un peu moins à la fête ces jours-ci…
Ecrit par Ludovic Grondin – le mercredi 27 décembre 2023 à 14H55

Qui est assez âgé pour se souvenir du sketch de Thierry Jardinot dans les années 90 ? L’humoriste dépeignait déjà un réseau routier péi où il était aussi simple de se fier au nombre de cadavres de chiens sur les routes pour se repérer que regarder les bornes kilométriques. Trente ans plus tard, le phénomène s’est accentué à la faveur d’un réseau routier encore plus dense et d’une errance animale jamais maîtrisée.

C’est dans ce contexte de tuerie de masse - 9000 chiens et chats sont euthanasiés chaque année dans nos chères intercommunalités Cinor, Cirest, TO, Civis, Casud - que se pointe le mois de décembre.

Ce coup de gueule n’a pas vocation à vilipender une pratique pseudo traditionnelle, avant tout commerciale, qu’est l’utilisation des pétards et des feux d’artifice mais plutôt de porter l’accent sur l’usage intempestif qui en est fait.

Mes parents me racontent qu’à leur époque - années 60 - les rares pétards que le père de famille achetait pour la marmaille étaient limités à une mise à feu unique. Le divertissement était éphémère. Deux minutes d’un fébrile tintamarre et l’affaire était pliée. Le seul cadeau au pied du sapin : une poignée de letchis.

Rien à voir avec les pratiques d’aujourd’hui où pétards et fusées échappent à l’autorité parentale et au créneau horaire convenu, c’est-à-dire entre minuit et 1 heure du matin. Il n’est ainsi pas rare de sursauter à toute heure de la journée et ce, de la fin décembre jusqu’à début janvier. Il n’y a ni jour ni heure pour avoir un « saisissement ».

Les bons conseils de mise à l’abri des chiens pour les réveillons de Noël et de la Saint-Sylvestre que tentent de suivre les maîtres inquiets sont régulièrement mis à mal par ces détonations qui arrivent sans crier gare.

Redonnons du sens à ce que nous faisons. D’une, pourquoi un fracas de pétards au soir du 24 décembre ? Noël est une fête religieuse… De deux, suivre l’exemple de la communauté chinoise de La Réunion nous en apprendrait beaucoup sur le sens du mot respect. Les pétards pour le jour de l’an oui, tous les jours et à toute heure pendant quinze jours, non, pour que subsiste encore un semblant de vivre-ensemble.

Cette photo a été prise ce lundi 25 décembre sur la quatre voies du Sacré coeur au Port. Selon le mémoire du Plan de lutte contre l'errance animale produit en 2018, environ 7000 animaux morts sont ramassés sur les routes chaque année à La Réunion.

Etiquettes : Errance animale

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