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Face à une crise de l'eau préoccupante, quelles solutions techniques l'île Maurice va mettre en place ?

Ecrit par Zinfos974 – le mercredi 7 octobre 2026 à 10H10

Déficit pluviométrique, réservoirs au plus bas et restrictions renforcées : l’île Maurice traverse une crise hydrique préoccupante. Face à la baisse des réserves, les autorités multiplient les mesures d’urgence tandis que la colère monte dans plusieurs quartiers.

La situation hydrique se dégrade à Maurice. Le déficit pluviométrique qui touche l’île depuis plusieurs mois a fortement réduit les réserves disponibles. Le principal réservoir du pays, Mare-aux-Vacoas, affiche désormais un taux de remplissage d’environ 35 %, contre près de 88 % à la même période l’an dernier. Au niveau national, les réserves ne représentent plus que 62 % de leur capacité totale.

La situation est également préoccupante du côté des ressources souterraines. Dans la région de Mare-aux-Vacoas, les nappes phréatiques et les forages auraient enregistré une baisse de 37 % à 40 %, selon des données rapportées par L’Express de Maurice et le General Manager de la Central Water Authority (CWA). Une diminution qui limite les possibilités de compenser rapidement le déficit du principal réservoir.

Des sources alternatives mobilisées

Pour éviter une aggravation de la situation, la CWA cherche à augmenter les volumes disponibles à partir d’autres sources. Mare-Longue, dont le taux de remplissage atteint environ 79,3 %, constitue l’une des principales options. Une alimentation directe de la station de traitement de La Marie depuis ce réservoir, à hauteur d’environ 15 000 m³ par jour, est notamment étudiée.

Depuis vendredi, l’eau de la rivière Pétrin est également pompée vers La Marie, ce qui pourrait apporter quelque 2 000 m³ supplémentaires quotidiennement. Une opération similaire doit être menée sur la rivière Papayes.

La CWA a par ailleurs fermé certaines vannes acheminant l’eau de Mare-aux-Vacoas vers La Marie. Selon Shyam Thanoo, cette mesure, combinée aux restrictions, a permis de ralentir la baisse des réserves.

Jusqu’à un jour sur deux sans eau ?

Dans plusieurs régions, notamment sur le Plateau central et dans les Plaines-Wilhems, la distribution au robinet est désormais limitée à cinq ou six heures par jour. Les autorités envisagent même un rationnement plus sévère, avec une distribution un jour sur deux, afin de préserver les stocks.

Depuis août, plusieurs usages de l’eau potable sont également interdits : lavage des voitures, nettoyage des cours, arrosage des jardins ou remplissage des piscines.

Ces restrictions provoquent une vive colère dans la population. Des manifestations et des blocages de routes ont notamment eu lieu à Phoenix et Clairfonds, où certains habitants affirment être restés plusieurs jours sans eau. Des difficultés sont également signalées concernant l’approvisionnement par camions-citernes.

Dix nouveaux forages annoncés

Un comité de crise, placé sous la direction du ministre Patrick Assirvaden, travaille sur plusieurs solutions à court terme. Dix nouveaux forages doivent être déployés d’ici la fin octobre. Des unités mobiles de filtration sous pression doivent également permettre d’exploiter davantage les eaux de surface des rivières.

À plus long terme, la crise relance la question de la modernisation du système hydraulique mauricien. Experts et décideurs plaident pour un véritable "Plan Marshall" de l’eau, comprenant notamment la rénovation des réseaux vieillissants, responsables d’importantes pertes, ainsi que le développement d’usines de dessalement.

Lire aussi : Fuites, eau potable, assainissement : que va changer le plan à 8,45 millions d’euros prévu par l'Office de l'eau Réunion ?

L’enjeu est désormais double pour Maurice : répondre à l’urgence tout en préparant durablement l’île à la répétition des épisodes de sécheresse.

Etiquettes : Eau | Île Maurice | PU1 | Sécheresse

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