Europe Ecologie Réunion en pleine confusion
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Le succès métropolitain d’Europe Écologie s’est construit en intégrant des personnalités connues et talentueuses qui ont apporté aux Verts une véritable valeur ajoutée. En illustrant la capacité de ce parti à dépasser ses dogmatismes et à rassembler au delà de sa base militante traditionnelle, Eva Joly, José Bové, Augustin Legrand, leader des Enfants de Don Quichotte, le pédagogue Philippe Meirieu ou encore Yannick Jadot, de Greenpeace, etc., ont tous, incontestablement renforcé l’attractivité du nouveau mouvement écologiste comme l’ont prouvé les résultats électoraux aux Européennes et aux Régionales.
A La Réunion, hélas, le succès électoral des Européennes (14 % des voix) n’aura été qu’un feu de paille. Les Verts ont choisi il y a un an la voie du repli sur soi et, loin d’avoir tiré les leçons de leur échec prévisible aux Régionales (perte de 10.000 voix), ils s’enfoncent désormais dans le sectarisme et l’exclusion. C’est ainsi que la nouvelle Présidente d’Europe Ecologie Les Verts n’a pu s’empêcher de tenir devant la presse un discours sectaire à l’encontre des adhérents de son propre parti qu’elle appelle "les dissidents" mais qui ont le tort, à ses yeux, d’avoir une compétence et une ancienneté dans le combat écologiste qui lui font défaut. Certes, on ne peut lui reprocher ni sa conversion tardive à l’écologie ni son adhésion récente au mouvement, mais était-il utile de lui conférer d’emblée une telle responsabilité, à elle et au nouveau Vice Président, alors que ni l’un ni l’autre, n’ont fait leurs preuves ? N’aurait-il pas été plus sage d’attendre qu’ils s’imprègnent des fondamentaux de l’écologie, dont la tolérance, et accèdent progressivement à une certaine maîtrise des problématiques liées au développement durable ? A-t-on déjà vu un parti attribuer les plus hautes responsabilités politiques à ses adhérents les moins expérimentés ? L’exemple encore récent de la désignation de Vincent Defaud comme tête de liste aux Régionales malgré ses carences manifestes en écologie et le rejet qu’il a suscité dans l’électorat réunionnais, aurait pourtant dû interroger les Verts sur la faiblesse de leur "sens" tactique. Les Verts Réunion s’apprêtent à commettre exactement les mêmes erreurs pour les cantonales au risque de désorienter un peu plus ce qui leur reste d’électorat.
Il est proprement catastrophique pour un parti qui prétend défendre les valeurs de l’écologie de donner l’investiture à un candidat qui, lors des Municipales de 2008 à Saint-André, alors qu’il était sur la liste du PS, a publiquement renié son propre camp entre les deux tours et a appelé à voter pour Jean Paul Virapoullé contre le candidat de gauche. Après avoir été PS puis pro-Virapoullé, Jean Louis Allamele portera donc les couleurs d’Europe Ecologie sur le canton de Saint-André 1.
Quant au canton de Saint-Benoît 2, c’est Luders Sévamy, candidat sympathique et folklorique de la scène locale, partisan du rétablissement du service militaire et homme à tout faire des campagnes électorales de Jean Paul Virapoullé ou de Cyril Melchior, qui sera candidat au nom d’Europe Ecologie ! Pour les Verts une condition était donc exigée pour avoir l’investiture d’Europe Ecologie aux cantonales : ne pas être écologiste. Europe Ecologie étant à la recherche d’autres candidats, les Emile Chane-Tou-Ky, Lubin Budel ou Bernard Law Waï ont toutes leurs chances.
Il semble en tout cas que les Verts Réunion aient à cœur de donner raison à Gabriel Cohn Bendit qui a coutume de dire des Verts qu’ils sont capables du meilleur comme du pire, mais que "c'est dans le pire qu'ils sont les meilleurs".
Richard Casablanca


