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Etoile-de-David contre main-de-Fatma :le râlé-poussé finit dans le port

Saint-Pierre, 30 juin 2013, la nuit, sur le front-de-mer. Elle est juive et lui de confession musulmane. Leurs routes se sont croisées, hélas, et cela se termina par une chute dans le bassin de radoub après des insultes à caractère raciste ou religieux sur fond d’imprégnation alcoolique des deux côtés. Une histoire stupide de chez […]

Ecrit par Jules Bénard – le mardi 17 février 2015 à 17H14

Saint-Pierre, 30 juin 2013, la nuit, sur le front-de-mer. Elle est juive et lui de confession musulmane. Leurs routes se sont croisées, hélas, et cela se termina par une chute dans le bassin de radoub après des insultes à caractère raciste ou religieux sur fond d’imprégnation alcoolique des deux côtés. Une histoire stupide de chez couillon…

Les conséquences resteront très graves pour la victime… tandis que le « coupable » ne vaut guère mieux. Quant au fond de l’affaire, il reste nimbé de mystère car les débats n’ont guère permis d’éclairer les véritables circonstances de ce qui aurait pu être encore plus grave… ou totalement évité, avec un minimum de bonne volonté de part et d’autre !

La nuit est avancée lorsque Justine sort de boîte, passablement imbibée : elle a fêté ses 19 ans avec 5 vodkas. Nouredine sort aussi de boîte et n’a rien fêté mais a quand même sifflé 4 whiskies. Si c’est une histoire de religion, je veux qu’on m’explique !

Toujours est-il qu’il remarque l’étoile-de-David accrochée au cou de la belle et la salue d’un retentissant « Salut cousine ! »

La jeune femme, déclarée « véhémente et prompte à s’emporter » selon ses amis, réplique par une série de noms d’oiseaux. A la barre, elle admet l’avoir traité de « fils de pute » mais nie toute parole raciste.

Lui aussi : « Je ne suis pas raciste. J’ai deux enfants avec une femme juive. Je suis allé plusieurs fois en Israël…  »

Tout dégénère lorsqu’il s’approche d’elle pour lui demander les raisons de sa vindicte. Elle prétend qu’il l’a bousculée ; lui dit que « c’est elle qui a commencé à m’assaisonner à coups de sac à main en me traitant d’Arabe et en me disant d’aller veiller mes cabris. Avec tout ce qui se passe en ce moment, je précise encore que je ne suis pas raciste. Pas envie d’en prendre plein la gu… ! »

Dans une confusion totale et des déclarations contradictoires, la jeune femme bascule dans le bassin de radoub… et se pète une vertèbre. Lui, qui se prétend titulaire d’un diplôme de secouriste, s’en va au volant de sa voiture alors qu’il n’a pas le permis. Il laisse à un de ses amis le soin d’appeler les secours et téléphonera plus tard pour prendre des nouvelles de la jeune femme.

Il est à noter que les témoins confirmeront plutôt les déclarations de la jeune victime.

b[La jeune femme touchée à la colonne vertébrale]b

Le bâtonnier Georges-André Hoareau, pour la partie civile, mettra en avant le fait que le contexte de cette histoire stupide est aussi important que ses conséquences : « On a le droit, à La Réunion, de porter une étoile-de-David, n’en déplaise à quelque ayatollah que ce soit ! Si elle boit c’est son problème. Toujours est-il que cette jeune femme a dû renoncer à son rêve de devenir hôtesse de l’air en raison de sa colonne vertébrale bousillée. Et il n’a même pas le courage de reconnaître ses actes ! »

Remettant les choses à leur place, la substitut a rappelé que Nouredine comparaissait pour violences et conduite sans permis et rien d’autre ! « Il a admis que sa victime, si elle est tombée toute seule, a eu peur sans doute. Précisons alors que la notion de violence ne suppose pas forcément qu’il y ait contact ». Et de réclamer un an avec sursis assorti des interdictions diverses et habituelles en un tel cas.

Me Saint-Bertin, pour la défense, a rappelé le contexte très alcoolisé ce soir-là :

« Sous l’emprise de l’alcool, on n’apprécie pas forcément ce que l’on dit. En face, nous avons une jeune femme qui s’emporte vite, qui s’énerve. On n’a jamais dénoncé une volonté de nuire du côté de mon client. Il est resté 48 heures dans une garde à vue des plus douteuses, où des choses très dures ont été dites à son encontre. Il s’en est si mal remis qu’il est aujourd’hui en chute libre car cet engrenage l’a vidé. Il est malade, il ne dort plus, ce qui l’a conduit aux portes de l’épilepsie à 40 ans ».

C’était l’explication de ce bras en écharpe qui n’était absolument pas « du cinéma » comme certains murmures dans la salle ont pu le suggérer. Nouredine ne travaille plus en raison de sa santé et on se demande bien comment il pourra payer les compensations réclamées par la CGSS et la partie civile.

Jugement le 24 février.

 

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