Ericka Bareigts poignarde la politique éducative "démagogique" de Sarkozy

"Le président Sarkozy serait-il tout à coup devenu moins autiste et moins sourd? Aurait-il découvert que sacrifier la vie des enfants sur l'autel budgétaire est catastrophique?" La 2ème adjointe en charge du Projet Educatif Global à Saint-Denis, Ericka Bareigts, a multiplié les élans rhétoriques en début d'après-midi, où elle a fait part à la presse de son indignation face aux récents propos de Nicolas Sarkozy.
Celui-ci a annoncé hier, lors de sa visite dans une école de Lozère, le gel des suppressions de classe de primaire, hors baisse démographique, pour la rentrée 2012, tout en soutenant l'actuelle politique éducative de Luc Châtel, qui devrait aboutir à la rentrée 2011 à la fermeture de 1.500 classes en France. A la Réunion, 58 classes seront ouvertes à la rentrée et 92 fermées, dont 11 à Saint-Denis.
Des suppressions de classe en 2011, mais pas en 2012
Ericka Bareigts a condamné avec verve une démarche du président de la République jugée "démagogique", "assassine", voire même "machiavélique". "Il faudrait voter pour lui aux élections présidentielles pour espérer que les classes ne seront pas fermées? C'est maintenant qu'il faut arrêter, pas de façon hypothétique après les élections!"
"Et pourquoi attendre un an? Après une année scolaire passée dans de mauvaises conditions, on glisse très rapidement dans l'échec scolaire. Là et depuis quatre ans, on tue de sang froid l'avenir des enfants", a vivement décrété la partisane socialiste.
24,3 élèves en moyenne par classe sur l'île
Selon les chiffres donnés par la seconde adjointe au maire, sur une moyenne dans l'Hexagone de 22 élèves par classe, la Réunion est à 24,3 élèves par classe. D'où le constat d'un déséquilibre qui va en s'accentuant. Autrement dit et comme le soutenait Erika Bareigts: "On a une jambe dans le plâtre".
Partant du principe que l'éducation est la base, elle recommande de maintenir ou d'augmenter les effectifs dans l'enseignement du premier degré, maternelles et primaires, le développement des projets culturels, sportifs, de l'apprentissage des langues étrangères, pour créer une "nouvelle génération ambition", dans la lignée du projet socialiste. Mais surtout, il s'agit "d'arrêter avec Sarkozy. C'est un danger pour la société française".



