Entre pollution et blessures, le triste bilan des pétards et feux d’artifice des fêtes

Si la "tradition" est bien installée, les conséquences de la consommation des engins pyrotechniques en fin d’année sont connues depuis longtemps. Régulièrement, les médecins urgentistes alertent sur les dangers de cette habitude, mais depuis peu, les considérations environnementales sont aussi prises en compte.
Chaque année, à l’occasion du réveillon de Noël, de la Fèt Kaf, de la Saint-Sylvestre et d’autres festivités, les nuits réunionnaises entendent résonner feux d’artifice et pétards. Une habitude désormais bien ancrée, et certains se souviendront des vendeurs aux bords des routes à l’approche de la fin de l’année. Une pratique interdite depuis 2016. D’ailleurs, depuis un arrêté préfectoral de 2022, la vente ne peut se passer que dans un établissement déclaré, et l’identité des acheteurs doit être enregistrée par les vendeurs.

Des importations en baisse chaque année
En 2024, La Réunion a importé 202.406 kg de produits pyrotechniques, une quantité en nette diminution par rapport aux 266.392 kg enregistrés en 2023 et aux 284.027 kg de 2022. Cette baisse s’explique en partie par des difficultés d’approvisionnement, notamment en provenance de Chine, principal fournisseur. Les difficultés autour du fret suite à la reprise de l’économie mondiale avaient d’ailleurs compliqué l’approvisionnement de l’île en 2021.
De la pollution particulièrement toxique pour le lagon
Les feux d’artifice émettent aussi des fumées toxiques lors de leurs explosions. Contenant des particules fines, ces émissions peuvent provoquer des affections respiratoires, des crises chez les asthmatiques, ou encore des effets nocifs sur la peau et le système cardiovasculaire. Enfin, les couleurs lors de la combustion de la charge pyrotechnique sont obtenues par des sels métalliques très toxiques. Toutes ces particules restent en suspension dans l’air et vont ensuite se déposer dans l’eau lors d’une utilisation sur les plages.
Par ailleurs, des débris de carton et papier de pétards et feux d'artifice abandonnés viennent aggraver cette pollution. Des restes de fusées sont souvent retrouvés entre les coraux de l’Ouest et les papiers rouges qui servent d’emballage sont un cauchemar à ramasser. “Ils s’effritent très facilement, et ils sont gorgés de produits chimiques. Ce n’est pas bon du tout pour les coraux. On essaye de lutter contre les mégots depuis des années, il faut aussi penser à ce genre de pollution. L’année dernière, nous avons même eu des départs de feu dans la zone d’arrière-plage à l’Hermitage. Cela mobilise les pompiers et les agents et on risque un drame”, s’agace le maire de Saint-Paul, Emmanuel Séraphin.
Si la ville peut interdire les ballons et lanternes, c’est beaucoup plus complexe pour les feux d’artifice. “On ne peut tout réglementer, et cela serait trop compliqué à mettre effectivement en place, mais nous appelons au bon sens”, poursuit le maire.
Blessures et animaux effrayés
Les blessures directes liées aux pétards et feux d'artifice, telles que des brûlures, plaies ou traumatismes oculaires, sont courantes. En 2020, le CHU précisait qu’une personne avait perdu un œil le soir de Noël. En 2015, c’est le SDIS qui comptait pas moins de six blessés, dont deux enfants. Si les autorités de santé locales communiquent peu sur ce genre d’évènement, chaque année les services des urgences de l’île doivent gérer des lésions plus ou moins graves en lien avec les engins pyrotechniques.
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Autre constat rappelé chaque année qui nuance la passion des Réunionnais pour les pétards est bien sûr la panique qu’ils provoquent chez nos amis les animaux. Si chiens et chats vivent un enfer en fin d’année, les conséquences peuvent aussi être tragiques. L’exemple du mouvement de panique en 2011 dans une écurie de l’Ouest qui avait provoqué la mort d’un poney souligne la sensibilité des animaux aux explosions.
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