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Enfermé en Syrie, le fils du terroriste Fabien Clain souhaite revenir en France

Au Kurdistan syrien, les équipes d’Envoyé spécial sont allées à la rencontre des enfants de jihadistes français. Parmi ces enfants, le fils du Réunionnais Fabien Clain.

Ecrit par N.P. – le samedi 13 avril 2024 à 14H25
Adem Clain raconte à France 2 ses conditions de vie dans le centre où des dizaines d'enfants de terroristes sont, comme lui, maintenus enfermés

Ils sont maintenus enfermés dans un centre de déradicalisation. Eux, ce sont les enfants de terroristes emmenés par leurs parents en Syrie lorsqu’ils étaient encore mineurs.

Jeudi dernier sur France 2, le documentaire « Fils de djihadistes : l’impossible retour ? » a été diffusé dans l’émission Envoyé spécial.

Parmi eux se trouve Adem, 21 ans. Le jeune homme est le fils de Fabien Clain, la « voix de Daech » qui avait revendiqué les attentats du 13
novembre 2015 perpétrés en France. Le Réunionnais Fabien Clain a probablement trouvé la mort le 20 février 2019 à Al-Baghouz Fouqani en Syrie lors de frappes de drones menées par les Américains.

Arrivé en Syrie avec ses parents à l’âge de 11 ans, Adem Clain a été interrogé par les équipes d’Envoyé spécial. « Pour moi, mon père c’est un terroriste, sans mentir je lui en veux parce que c’est lui qui m’a ramené en Syrie. Il a fait ramener des gens en Syrie qui sont morts. On a gagné quoi après tout ça en fait ? », évoque le jeune homme maintenu dans le centre tout comme les autres enfants de djihadistes. Le centre accueille en tout des adolescents ou jeunes hommes de 19 nationalités différentes.

Réveillés à 7 heures du matin, ils profitent d’un maigre petit-déjeuner avant de bénéficier de cours d’arabe, d’anglais ou encore de mathématiques dans l’espoir de rattraper le retard accumulé durant leurs années d’embrigadement. Leurs cours sont dispensés par des enseignants kurdes payés par des organisations non gouvernementales, précise le reportage d’une vingtaine de minutes disponible en replay.

Parties de football, de tennis de table et programmes télévisés pré-enregistrés complètent le décor d’une vie très encadrée où ils ne peuvent ni passer d’appels téléphoniques , ni écouter la radio ni avoir accès à Internet.

« Je me rappelle à ce moment-là, mon père était content. Ils avaient même fait une sorte de son, une sorte de musique pour cet attentat », raconte Adem Clain à la question portant sur les souvenirs qu’il avait gardés de l’attitude de son père après les attentats de novembre 2015 à Paris. Adem Clain, qui ne peut, à son grand regret, jouer au foot en raison d’un handicap à la jambe dû à un tir de mortier, est maintenu dans le centre comme trois autres jeunes Français qui demandent à pouvoir revenir en France. Ayant tous la vingtaine, ils demandent à être compris en affirmant qu’ils n’ont rien à voir avec les agissements de leurs parents.

« Ce dossier des enfants de djihadistes concerne tout le monde. Nous en sommes tous responsables. Nous les Kurdes, les pays occidentaux, mais aussi les pays du Moyen-Orient. Nous souhaiterions donc que ces pays s’engagent à nos côtés », lance à la caméra le directeur du centre.

Depuis 2019, 169 enfants de djihadistes ont été rapatriés en France. Ils seraient une centaine encore en Syrie.

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