Revenir à la rubrique : Société

En mer, les excès de vitesse tuent des tortues

Après la découverte par des plongeurs ce mardi d’un tortue mortellement blessé, tout indique que c’est bien un choc avec un bateau qui en est la cause. Depuis 2018, les soigneurs du centre Kelonia notent une nette augmentation des collisions mortelles. Des accidents qui pourraient être largement évités si les limites de vitesse étaient mieux respectés
Ecrit par M.B – le dimanche 27 août 2023 à 07H13
Chloé, une jeune tortue imbriquée a été récemment recourue au Cap Lahoussaye

Elle n’aura donc pas survécu à ses blessures. Malgré son sauvetage par des plongeurs et son transfert rapide à Kélonia, la jeune tortue verte récupérée ce mardi souffraient de plaies trop graves. “Son autopsie révèle que sa colonne vertébrale et sa moelle épinière étaient brisés. Ses deux poumons étaient perforés, sa rate éclatée, avec des œdèmes au foie et aux reins”, rapporte Stéphane Ciccione, le directeur de Kelonia.

Pas de doute pour les soigneurs, ce genre de blessures est clairement la marque d’un choc avec un bateau. Pour compléter le tableau, l’animal portait de larges entailles, signe du passage des hélices. “Cela est corroboré par les témoignages des plongeurs, qui ont vu deux bateaux passer à grande vitesse. Ce qui est aussi particulièrement dangereux pour les plongeurs aussi. Peu de temps après, ils ont vu l’animal plonger et se mettre au fond de l’eau, blessé”, poursuit le directeur de l’Observatoire des tortues.

Une augmentation des collisions depuis 2018

Ce cas est typique d’un phénomène qui prend de l’ampleur depuis 2018. “Depuis l’arrivée de gros speed-boat, parfois avec des foils, on note une augmentation des collisions. Malgré nos campagnes de prévention, certains ne respectent pas les règles. Il faut quand même dire que la majorité des usagers sont conscients des risques”, explique-t-on du côté de Kelonia.

Ainsi, le respect de la limite des 5 nœuds dans la zone des 300 mètres est ainsi essentiel. D’autant plus quand on circule dans des fonds inférieurs à 30 mètres. “Les tortues vivent et se nourrissent dans jusqu’à 30 mètres de profondeur. Or, étant des animaux à sang froid, ils se réchauffent souvent à la surface et n’ont pas le temps de plonger quand un bateau arrive à 30 nœuds”.

Si les hameçons restent la première raison d'entrée des tortues au centre de soins de Kelonia, les collisions sont de loin la "première cause de mortalité pour ces animaux. D'autant plus qu'on ne retrouve pas forcément les tortues mortellement blessées", poursuit amer Stéphane Ciccione.

Cette jeune tortue verte est déjà la sixième victime de collisions depuis le début de l’année. Sept avaient succombées en 2022.

Etiquettes : Environnement | Saint-Leu | Tortue

Dans la même rubrique

0💬
Tri :