Éconduit, il l'appelle 164 fois en 36 heures "pour parler"

Des faits de violences sur conjoint étaient au rôle de la comparution immédiate de ce mercredi 29 janvier. Un jeune homme s'en est pris à son ex-petite amie qui l'avait éconduit. Les faits se sont produits sur le parking d'un centre commercial de Sainte-Marie.
Le 28 janvier dernier, les gendarmes interviennent pour une altercation entre deux jeunes gens. À leur arrivée, ils constatent qu'un jeune homme invective une jeune femme qui est dans sa voiture. Elle explique qu'il l'a empêchée de sortir de sa voiture en s'appuyant sur la porte, alors qu'elle doit aller travailler. Des témoins présents interviennent, elle appelle les forces de l'ordre. Ils corroborent les dires de la jeune femme qui apparait choquée et apeurée. Elle indique également que le 24 janvier dernier, alors qu'elle lui fait part de son envie de mettre fin à leur relation, il l'avait serrée très fort par la taille et lui avait serré violemment les poignets.
Les investigations mettront en évidence qu'il a passé 164 appels sur une période d'un jour et demi à l'attention de la jeune femme. Il est placé en garde à vue et jugé ce mercredi dans le cadre d'une comparution immédiate. "Je voulais voir son téléphone, j'étais énervé", s'explique-t-il. Fait notable, le jeune homme, né en 2000, qui reste muet à la barre, fait monte d'une certaine insolence par sa posture quelque peu désinvolte. Avec beaucoup de pédagogie, le tribunal finit par lui arracher une phrase : "Je reconnais avoir trop appelé, je voulais lui parler, je comprends qu'elle ait eu peur". Travaillant tous les deux au même endroit, il a été mis à pied depuis cette agression.
"Il faudra plusieurs personnes pour qu'il arrête de s'en prendre à elle"
"Ces faits montrent une certaine inquiétude, car il faudra plusieurs personnes pour qu'il arrête de s'en prendre à elle", relève le procureur qui indique que certains audios ont été récupérés où il est plus qu'explicite : "je ne te lâcherai pas', répète-t-il. "Que se serait-il passé si elle n'avait pas pu appeler les secours", fustige le parquet qui requiert une peine de 18 mois de prison dont 12 mois avec sursis et le maintien en détention pour la partie ferme, concluant : "C'est quelqu'un qui a un sentiment de toute puissance".
"Pour lui, si on ne frappe pas, ce ne sont pas des violences", répond la défense. Selon la robe noire, "on lui a expliqué un certain nombre de choses, notamment ce que sont des violences, mais il a un problème pour maîtriser sa frustration". La défense rappelle qu'il n'a pas de casier et qu'il est éligible au sursis. Au final, le tribunal sera sensible aux arguments de la défense en condamnant le prévenu à la peine de 18 mois de prison entièrement assortis d'un sursis probatoire. Il lui est fait interdiction de tout contact avec la victime.


