Revenir à la rubrique : Politique

Du pass sanitaire au pass vaccinal : Nos députés se positionnent

Face à un nombre de cas Covid qui flambe comme jamais, aussi bien à La Réunion que France hexagonale, les députés examinent depuis lundi le projet de loi qui vise à transformer le pass sanitaire en pass vaccinal, lequel doit entrer en vigueur dès le 15 janvier. Un débat qui n'a pas pu aller au bout en raison de la suspension surprise du projet de loi la nuit dernière, les parlementaires ayant refusé la poursuite des débats après minuit. Les présidents de groupes parlementaires de l'Assemblée devront inscrire la suite de l'examen du texte à l'agenda du Palais Bourbon. Nous avons sollicité les députés réunionnais afin de connaître leur position. Quatre d'entre-deux nous ont livré leur choix et donné les raisons qui les ont poussés à voter pour ou contre ce projet de loi.

Ecrit par SI – le mardi 04 janvier 2022 à 11H44

Pass vaccinal : Suspension surprise du projet de loi

À l’heure où la France a dépassé la barre des 200.000 cas quotidiens, le texte présenté à l’Assemblée nationale « répond à la reprise épidémique de manière efficace et graduée », avait indiqué le ministre de la Santé, Olivier Véran. L’instauration de ce pass vaccinal, qui devrait être reportée en Outre-mer où la couverture vaccinale est plus faible, permettra d’éviter des mesures « plus coercitives » comme les couvre-feux ou encore les confinements, avait ajouté pour sa part Yaël Braun-Pivet, la présidente de la commission des Lois (LREM).

Avec cette transformation du pass sanitaire en pass vaccinal, qui comporte également un durcissement des sanctions en cas de non-respect des règles, le gouvernement veut aussi mettre la pression sur les plus de 5 millions de Français de plus de 12 ans encore non-vaccinés. En effet, l’article premier du texte prévoit qu’en lieu et place de l’actuel pass sanitaire, un justificatif de statut vaccinal complet leur sera demandé.
 

Karine Lebon, députée de la 2nde circonscription :  « Prête à combattre fermement ce projet de loi »
 

« J’étais déjà opposée au pass sanitaire et je considère que ce pass vaccinal renforce encore davantage la logique de contrôle social. C’est une atteinte disproportionnée à nos libertés fondamentales face à cette crise sanitaire. Depuis le début de celle-ci, mon groupe GDR et moi-même insistons sur le fait que la conscientisation du risque sanitaire et la volonté d’agir pour protéger nos concitoyens ne signifient nullement s’abstenir de porter un regard critique sur la façon dont l’exécutif entend y répondre et en particulier lorsqu’il s’agit d’atteintes à la liberté comme celle-ci. Une société à deux vitesses ne saurait correspondre à notre vision de la politique à mener dans notre pays. Avec ce texte, la contrainte devient la règle.
Cette stratégie est d’autant plus inefficace que l’épidémie de covid 19 est une pandémie. Elle est donc mondiale. Tant que nous ne favoriserons pas l’accès aux vaccins aux populations qui en sont actuellement privées, notre politique sanitaire ne pourra être que vouée à l’échec.
Je suis arrivée ce matin à Paris, prête à combattre fermement ce projet de loi. »

Philippe Naillet, député de la 1ère circonscription : « J’ai toujours été contre l’obligation vaccinale »
 

« Je vais voter contre le pass vaccinal. Car j’ai toujours été contre l’obligation vaccinale et que ce projet de loi consiste tout simplement à rendre la vaccination obligatoire. Même si je considère que se faire vacciner est important pour se protéger et protéger les autres.
Cependant il y a deux points de vigilance à avoir.
D’une part, je m’opposerai à tout amendement qui ferait que le pass vaccinal l’emporte sur les motifs impérieux, c’est-à-dire qu’un Réunionnais non vacciné ne puisse plus se déplacer en France hexagonale même pour des motifs sérieux.
D’autre part, je m’opposerai à tout amendement qui rendrait le pass vaccinal obligatoire en entreprise.
J’appelle à une vraie solidarité des pays riches et des laboratoires vers les pays les plus pauvres. Il faut lâcher sur les brevets et mettre à disposition des doses de vaccins pour les populations les plus faibles, sinon nous continuerons à payer notre égoïsme avec l’apparition de nouveaux variants. »

David Lorion, député de la 4e circonscription : « Il faut différer l’application du passe-vaccinal en Outre-Mer »

« Appliquer le pass vaccinal sans discernement en Outre-mer où le taux de vaccination reste bien inférieur à celui de la Métropole reviendrait à bloquer tous les accès aux services publics les plus essentiels, notamment de la santé et du social pour un grand nombre de réunionnais. Soyons pragmatiques !
Le pass vaccinal tel que prévu par le Gouvernement ne pourra s’appliquer en Outre-mer que lorsque le taux de vaccination complète aura atteint 70 % de la population, c’est-à- dire la moyenne nationale. Sinon, nous risquons des tensions sociales inutiles en ces temps de crise.
Comme d’habitude avec ce Gouvernement, le projet de loi de Renforcement des outils de gestion de la crise sanitaire, entre Noël et le Nouvel an, en réaction à la nouvelle crise sanitaire, a laissé bien sûr peu de place à la discussion et à une co-construction des dispositions qui s’imposeront sans délai.
Je ne suis pas opposé à l’extension de la vaccination qui est le seul moyen de protéger les populations particulièrement fragiles, mais c’est d’abord vers elles que nous devons agir. Elles doivent être accompagnées par les médecins de ville, les infirmières, et les collectivités. La priorité ne me semble pas être les enfants entre 12 ans et 18 ans pour qui l’épidémie a sans doute plus de contraintes psychologiques que de conséquences physiques.
Il s’agit bien de ne pas se tromper de combat, il faut lutter contre le virus et d’enrayer rapidement la croissance exceptionnelle des contaminations. Il ne s’agit pas de s’attaquer aux personnes, à nos concitoyens, en ne leur permettant pas un libre choix éclairé, notamment pour leurs activités essentielles que sont le travail et l’assiduité scolaire.

Pour être plus précis, et pour faire suite à la discussion parlementaire en cours, je suis favorable à l’adaptation des mesures contenues dans l’article 1 sur l’adaptation déléguée au Préfet en lien avec les élus locaux et l’ARS sur les mesures contenues dans le Pass vaccinal si la loi était votée. Je suis aussi favorable à l’état d’urgence sanitaire qui permet aux entreprises de bénéficier du Fonds national de Solidarité lorsque le chiffre d’affaires est impacté. Il est essentiel que ces deux mesures soient bien confirmées dans la loi mais je suis défavorable à l’obligation vaccinale des enfants de 12 à 18 ans qui sont d’abord sous l’autorité de leurs parents. L’extension vaccinale notamment pour les personnes les plus à risque doit être une priorité. Dans l’état actuel du texte sur l’instauration du pass vaccinal, je voterai défavorablement.

Jean-Hugues Ratenon, député de la 5e circonscription : « Oui à la vaccination mais non-forcée »
 

Lors de son allocution du mardi 24 novembre 2020, Macron voulait être clair dit-il, je cite : « Je ne rendrais pas la vaccination obligatoire ». Puis le 12 juillet 2021, Emmanuel Macron annonça la fin des tests gratuits et l’extension du pass sanitaire. Pour aujourd’hui, proposer de transformer le pass sanitaire en pass vaccinal.
QUE DE CONTRADICTION EN CONTRADITION !
(…)
Qu’attendez-vous pour un rattrapage du service public en Outre-Mer et l’arrêt de la dégradation de l’hôpital publique partout en France ?
(…)
Et nous disons, NON au pass vaccinal sur le principe de l’inviolabilité relative au respect du corps humain.
Votre texte n’est pas sanitaire, il est liberticide. C’est pour cela, qu’en l’état actuel nous voterons contre. »

Nathalie Bassire, députée de la 3e circonscription : « Non au passe vaccinal ! »

« Testée positive à la COVID-19, je n’ai pu prendre comme prévu l’avion lundi dernier pour assister à Paris aux discussions sur le projet de loi relatif à l’instauration d’un « passe vaccinal » en lieu et place du passe sanitaire.
Je reste toutefois très attentive aux débats houleux à l’Assemblée Nationale, et je prends acte de l’amendement de compromis voté hier soir qui maintient le passe sanitaire (et non vaccinal) à 16 ans (au lieu de 12 ans) pour les sorties scolaires, activités périscolaires et extrascolaires, ce qui est une bonne chose pour les enfants et adolescents.
J’ai fait enregistrer une délégation auprès des services de l’Assemblée Nationale, afin de voter par procuration.
Le sens de mon vote est clair : CONTRE ! Ma position n’a pas changé : je suis moi-même vaccinée, mais je défends avant tout la liberté, notamment celle de choisir.
Aussi, il est hors de question que je vote pour un passe vaccinale, qui ressemble fort à une obligation vaccinale, ou du moins pour un texte qui vise « à emmerder une partie des Français »…
La République, c’est avant tout le respect de TOUS les citoyens. La Démocratie, c’est aussi le respect : respect de la majorité, mais également des minorités.
La richesse de notre pays réside avant tout dans la diversité de ses sensibilités, des opinions exprimées : je comprends la position des autres, mais la mienne doit être respectée ! »

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

« Nous avons assisté à des procès d’intention indignes menés par des opposants à la nomination d’Huguette Bello à Matignon »

« Sa décision de décliner la proposition d’occuper le poste de Première Ministre contraste complètement avec les motivations de certain.e.s ». Les mots sont ceux de la présidente de l’Union des femmes réunionnaises et sénatrice de La Réunion, Evelyne Corbière-Naminzo, qui tient à saluer l' »engagement indéfectible pour plus de justice et de solidarité́ » d’Huguette Bello. Pour rappel, cette dernière a décliné ce dimanche la proposition de la France insoumise (LFI) et du Parti communiste français (PCF) d’occuper le poste de Première ministre. Saluant le « parcours politique exemplaire » de la présidente de Région, Evelyne Corbière-Naminzo regrette que celle ci n’ait pas obtenu « un consensus total » autour de son nom pour occuper Matignon. Elle pointe en particulier le rôle joué par le Parti socialiste, qui « a pourtant pu compter sur les soutiens d’Huguette Bello à François Mitterand, François Hollande et Ségolène Royal, lors des élections présidentielles ».

Huguette Bello annonce qu’elle n’ira pas à Matignon

Malgré l’appel de ses soutiens, Huguette Bello ne sera pas nommée Première ministre. L’annonce a été faite ce dimanche par la présidente de Région elle-même dans un communiqué. Elle explique vouloir « garantir l’unité du Nouveau Front populaire » en déclinant « sans plus attendre » l’offre qui lui a été faite. « Je prends acte qu’elle ne fait pas l’objet d’un consensus entre toutes les composantes du Nouveau Front Populaire, et notamment qu’elle n’est pas soutenue par le Parti socialiste », précise la cheffe de file du PLR.

Jean-Hugues Ratenon et Joé Bédier demandent aux élus locaux de pousser la nomination d’Huguette Bello à Matignon

Dans un communiqué, le président de Rézistan’s Égalité 974, Jean-Hugues Ratenon, appelle le Parti socialiste, et notamment la fédération locale représentée par Ericka Bareigts, à faire preuve de « responsabilité » pour permettre la nomination d’Huguette Bello à Matignon. Même son de cloche pour Joé Bédier pour qui il est crucial « de placer les intérêts supérieurs des Français au premier rang », en demandant aux partis du Nouveau Front populaire (NFP) de s’entendre sur la candidature de la présidente de Région.

NFP : Comment le nom d’Huguette Bello est arrivé au centre des débats

Le Nouveau Front populaire se déchire depuis plusieurs jours autour du sujet du nouveau gouvernement qui sera formé suite aux élections législatives anticipées. Pour sortir de l’impasse, le nom d’Huguette Bello a été cité. Mais comment l’hypothèse d’une candidature de la présidente de la Région Réunion est-elle arrivée sur la table ?

Huguette Bello, Première ministre : Manifestation devant le siège du PS à Ivry

Le conseil national du Parti socialiste se tient actuellement à Ivry où les dirigeants doivent étudier la candidature d’Huguette Bello au poste de Première ministre proposée par le PCF et soutenue par la LFI. Le PS a son propre candidat, Olivier Faure. Plusieurs sections du Nouveau Front populaire se mobilisent devant les grilles du siège socialiste ce samedi après-midi pour militer en faveur d’un consensus autour du nom de la présidente de la Région Réunion.